Energies : le choix résigné d’Emmanuel Macron pour les éoliennes

Eoliennes à Ollieres (Var), le 1er avril 2021.

Temps calme, ciel dégagé. Ce jeudi 2 mai 2019, Emmanuel et Brigitte Macron observent la campagne française à un peu plus de 1 000 pieds de hauteur. Le Super-Puma, l’hélicoptère présidentiel, est en route vers Amboise, où le couple est attendu pour commémorer le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci. On survole les plaines de la Beauce, on s’approche du Val de Loire… Quand, soudain, l’œil du couple présidentiel heurte un parc éolien. « C’est vrai que c’est moche », lâche le président.

A ses côtés, Stéphane Bern jubile. L’animateur de télévision nommé à la tête de la mission de sauvegarde du patrimoine en péril n’ignore pas que, comme lui, M. et Mme Macron goûtent peu l’esthétique de ces pales métalliques prisées des écologistes. Il se dit même que, lors des voyages officiels, la route est étudiée pour éviter au président de la République de croiser ces moulins à vent 2.0. Mais, ce jour-là, pas d’échappatoire. « Je l’ai fait exprès pour qu’il voie », assure Stéphane Bern, à qui M. Macron aurait alors dit : « Tu as raison, il y en a trop. »

Angoisses des électeurs

Deux ans plus tard, les éoliennes sont toujours là. Plus que jamais. Les voici même présentées, aux côtés du nucléaire, comme des éléments-clés de la transition énergétique permettant de parvenir à la neutralité carbone en 2050 dans le rapport du gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) dévoilé lundi 25 octobre. Elles font aussi partie des investissements d’avenir censés bâtir la France de 2030 qu’a dessinée le chef de l’Etat, le 12 octobre. « Nous aurons un objectif d’investissement de plus de 500 millions d’euros dans les technologies de rupture, dans les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes, terrestres, en mer et le photovoltaïque », a détaillé Emmanuel Macron. « C’est toujours ce “en même temps” », s’agace Stéphane Bern.

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Le « Monsieur Patrimoine » de l’Elysée, très remonté contre les éoliennes tout en se revendiquant « 100 % écolo », espérait pourtant finir par avoir gain de cause. A la mi-janvier 2020, lors d’une table ronde consacrée à l’écologie à Pau, le chef de l’Etat l’avait reconnu. « Soyons lucides : la capacité à développer massivement l’éolien terrestre est réduite. (…) Le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays », expliquait-il. Et d’ajouter : « On ne peut pas imposer l’éolien d’en haut. » Le 27 juillet, Emmanuel Macron assénait encore un coup à la filière. Lors d’un déplacement en Polynésie, il recommandait d’adapter, voire de renoncer, aux parcs éoliens « là où ils dénaturent, défigurent le paysage, parce que parfois ça arrive ».

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