Engie se scinde en deux et cherche un repreneur pour sa nouvelle entité, Equans

Treize ans après sa création par le mariage de Suez et de Gaz de France, en 2008, Engie franchit une étape majeure d’une histoire mouvementée. Sa directrice générale, Catherine MacGregor, a détaillé, mercredi 30 juin, la nouvelle organisation du géant de l’énergie en deux entités. Inspirée par les choix du président du conseil d’administration, Jean-Pierre Clamadieu, elle est censée simplifier le fonctionnement du groupe, améliorer ses performances opérationnelles et redresser un cours de Bourse divisé par plus de deux en dix ans, alors que les actions de ses grands concurrents, l’italien ENEL ou l’espagnol Iberdorla, se sont envolées.

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Le 1er juillet, l’entreprise s’est scindée en deux, avec la création d’une nouvelle entité baptisée « Equans ». Engie conserve quatre grandes activités : les énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolien…), les solutions énergétiques (réseaux de froid et de chaleur, mobilités bas carbone…), les grandes infrastructures gazières et électriques, les centrales au gaz et la production d’hydrogène vert à grande échelle. Equans, dirigé par Jérôme Stubler, ancien patron de Vinci Construction, rassemble les services d’installation et de maintenance (électricité, chauffage, ventilation, climatisation), la réfrigération, la mécanique et la robotique, le numérique et des services généraux (facility management).

Avec ses 74 000 salariés (dont 26 000 en France) dans 17 pays et 12,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, Equans sera le numéro 2 mondial du secteur, derrière Vinci Energies. La nouvelle société suscite déjà « un intérêt assez marqué de potentiels acquéreurs », a souligné Mme MacGregor. Bouygues et Spie sont sur les rangs. Les noms des fonds d’investissement Apollo, PAI Partners, CVC ou EQT reviennent avec insistance, pour une entreprise dont la valorisation est estimée entre 5 milliards et 6 milliards d’euros.

Inquiétude des syndicats

Les enchères ne devraient pas tarder. Les acquéreurs potentiels ont bien travaillé leurs dossiers et « le processus va avancer de manière dynamique », s’est félicitée la dirigeante d’Engie, sans s’avancer sur un calendrier. Equans pourrait quitter le giron d’Engie début 2022. Mais l’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 23,6 %, reste vigilant sur la valeur patrimoniale autant que sur l’emploi. « Il est extrêmement attentif à l’aspect social », reconnaît Mme MacGregor. Peut-être moins à la nationalité de l’acheteur, Equans n’ayant pas d’actifs stratégiques et n’étant pas concerné par le « décret Montebourg » de 2014 sur les investissements étrangers.

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