Environnement : « Ecoutons ce que les peuples autochtones ont à nous dire »

Tribune. Les peuples autochtones sont présents pour le congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui se déroule du 3 au 11 septembre à Marseille. Ils le sont non pas en tant qu’invités mais en tant que membres à part entière. L’organisation a en effet décidé d’instaurer une nouvelle catégorie de représentants. Une première depuis sa création.

Non seulement il faut s’en féliciter mais c’est véritablement le sens de l’histoire. Reconnaître enfin la place et le rôle de ces peuples dans la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité, le maintien des écosystèmes, c’est prendre une assurance pour notre avenir. Ignorer tout ce que l’on peut apprendre de leur mode de vie, de leur savoir, de leur culture serait une erreur majeure, presque suicidaire.

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Bien sûr, c’est une question d’éthique et de justice sociale pour ces peuples qui, disséminés à travers le monde, subissent aujourd’hui encore des dommages intolérables avec la déforestation ou à cause des politiques d’extractions minières ou d’énergies fossiles. Les villageois sont expatriés, les ressources pillées, les territoires pollués… Mais c’est aussi une question d’exemplarité tant leur résilience est exceptionnelle.

400 millions de personnes dans 90 pays

Malgré quelque 500 années de colonisation, ils ont réussi à survivre et à protéger encore des pans immenses de territoires, des forêts notamment, considérés aujourd’hui comme indispensables à la survie de la planète. Les peuples autochtones, ce sont près de 400 millions de personnes réparties dans 90 pays sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

Ce sont les Mapuches en Argentine, les Dayaks en Indonésie, les Igorots aux Philippines ou encore les Wampis au Guyana, mais aussi les Macuxis, Kaingangs ou Zo’é dans différentes régions du Brésil pour ne citer que ces quelques exemples… Et, bien qu’ils ne représentent que 5 % de la population mondiale, ils sont les gardiens de 95 % des langues connues.

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Qu’ils habitent en Arctique autour du pôle Nord, dans les prairies ou les forêts sur les îles du Pacifique ou d’ailleurs, ils détiennent, gèrent ou vivent sur un quart de la superficie mondiale. Des zones qui comprennent environ 35 % des aires protégées, et 35 % de terres n’ayant subi que très peu d’interventions humaines et qui concentrent 80 % de la biodiversité mondiale.

Les gardiens de la Terre

Depuis quelques années en effet, les publications scientifiques convergent pour montrer qu’ils font mieux que n’importe qui d’autre : malgré la pression exercée, leurs territoires se dégradent bien moins vite qu’ailleurs. Le cas des forêts est exemplaire.

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