Epargne, investissement, dette… l’effet de la crise sur les territoires urbains

La sixième édition de l’étude « Territoires urbains, portrait financier », publiée mercredi 15 septembre par La Banque postale, montre que ces collectivités ont subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire. Ainsi, 2020 aura été pour elles une année difficile, marquée par une baisse de 13,8 % de leur épargne brute et un recul de 17,8 % de leurs dépenses d’équipement. Des baisses « historiques », souligne l’étude, nettement plus fortes que celles enregistrées par l’ensemble des collectivités territoriales.

Les territoires urbains recoupent 21 métropoles (hors Métropole du Grand Paris), 14 communautés urbaines, 33 communautés d’agglomération et 12 territoires du Grand Paris, soit un peu plus de 30 millions d’habitants. Sur les 2 875 communes qu’ils englobent, 66 % comptent moins de 5 000 habitants mais elles ne représentent que 10 % de la population totale, alors que les 40 villes de plus de 100 000 habitants en regroupent un tiers à elles seules.

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Globalement, les dépenses des territoires urbains, avec un montant total de 77,7 milliards d’euros, enregistrent une contraction de 3,1 %, due au recul accentué des investissements. « Classiquement, en année électorale, l’investissement diminue car les projets des équipes sortantes sont terminés et ceux des équipes entrantes ne sont pas encore déterminés, observe le directeur des études de La Banque postale, Luc Alain Vervisch. Ce phénomène a été amplifié par la crise sanitaire, qui a contraint à reporter un certain nombre de chantiers et à décaler le calendrier électoral. »

Des recettes fiscales stables

En moyenne, les dépenses totales par habitant des territoires urbains enregistrent une baisse de 3,4 % par rapport à l’année précédente. Elles s’élèvent à 2 590 euros quand celles de la Ville de Paris, très au-dessus de la moyenne, se montent à 4 473 euros. Hors Métropole du Grand Paris, le recul est encore plus marqué : 4,5 %.

Pour les seules dépenses de fonctionnement (60,7 milliards d’euros), qui représentent 78 % du budget des territoires urbains, la hausse est de 1,1 %, une augmentation inférieure à la norme fixée par les « contrats de Cahors », mis en place en 2018, qui prévoyaient de limiter à 1,2 % en moyenne annuelle la progression des dépenses de fonctionnement des plus grandes collectivités, bien que ceux-ci aient été suspendus par l’Etat en raison de la crise. Toutefois, les dépenses de la Ville de Paris, qui comptent pour près d’un cinquième de l’ensemble des dépenses, augmentent de 3,6 %. Hors Paris et métropole de Lyon, la progression est limitée à 0,7 %.

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