Eric Zemmour, Juan Branco, Aurore Bergé… Le média conservateur « Livre noir » veut brasser large

Erik Tegnér, l’un des deux fondateurs du média Livre noir, à Paris, le 5 septembre 2018.

Un énorme fauteuil rouge, des tentures noires, un éclairage quasi professionnel : bienvenue dans le studio de Livre noir, installé dans un appartement haussmannien à Paris. Ce nouveau média, pour l’instant diffusé sur YouTube, propose depuis le printemps 2021 à la droite conservatrice des entretiens-fleuves en forme d’écrin : Charlotte d’Ornellas, journaliste à Valeurs actuelles, Laurent Obertone, l’auteur de l’ouvrage catastrophiste La France Orange mécanique (2013), le vidéaste Papacito ou Florian Philippot, l’ex-bras droit de Marine Le Pen, ont répondu favorablement à l’invitation d’Erik Tegnér et de François-Louis de Voyer d’Argenson, les deux fondateurs, proches de Marion Maréchal.

Les deux fondateurs, qui rêvent de toucher un large public et d’être « repris au “20 Heures” », assurent que Livre noir n’est « ni de droite ni de gauche »

A 28 ans, le premier, qui détient 40 % du capital de Livre noir, a passé plusieurs années au Front national puis à l’UMP et chez Les Républicains (LR), promouvant l’union des droites, avant de quitter « tout engagement politique il y a un an et demi », explique-t-il. Le second militait au côté de la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, au sein du cercle Audace, un club d’entrepreneurs proche de l’ex-députée Rassemblement national (RN). « J’ai démissionné de la présidence d’Audace pour que les choses soient plus claires. Nos statuts nous interdisent de soutenir un candidat ou d’être encarté », indique-t-il, assurant qu’il ne s’agit pas de faire élire Eric Zemmour, interviewé en juin avant tous les médias et qui constitue leur plus gros succès d’audience sur YouTube (961 000 vues).

Erik Tegnér et François-Louis de Voyer d’Argenson, qui rêvent de toucher un large public et d’être « repris au “20 Heures” », assurent que Livre noir n’est « ni de droite ni de gauche ». Ils en tiennent pour preuve la variété des interviewés : Juan Branco – qui a crispé une partie de leur audience –, la députée La République en marche (LRM) Aurore Bergé, l’essayiste Thomas Guénolé et les écrivains François Bégaudeau et Jacques Attali (deux entretiens bientôt en ligne) ont ainsi accepté. Le duo a aussi contacté la militante antiraciste Rokhaya Diallo et l’ancien député socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

« Même typologie de public que CNews »

Malgré les dénégations, la ligne éditoriale est résolument conservatrice : « Nous avons la même typologie de public que CNews [la chaîne d’information de Vincent Bolloré qui a starifié Eric Zemmour]. Nous creusons les thèmes de l’insécurité, l’immigration, l’environnement et la réindustrialisation », explique Erik Tegnér. L’apprenti journaliste a « eu l’idée de Livre noir pendant le premier confinement », désireux de porter sa « ligne », considérant qu’il y avait un créneau à prendre à côté des médias très droitiers comme TV Libertés, la chaîne sur Internet de Martial Bild, VA +, la chaîne YouTube de Valeurs actuelles, ou des youtubeurs Papacito et Valek Noraj.

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