États-Unis, Canada, Singapour : ces pays qui vaccinent déjà les enfants

Alors que l’Agence européenne du médicament a autorisé les injections Pfizer pour les enfants âgés de plus de 12 ans, des pays les vaccinent déjà. La France regarde avec attention ce qui est fait ailleurs.

À quand le tour des enfants ? Alors que la vaccination est ouverte en France à tous les adultes sans critère d’âge depuis le 31 mai, les jeunes de plus de 16 ans devraient pouvoir y accéder dans «quelques jours», selon Alain Fisher, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale contre le Covid-19. L’Agence européenne du médicament a même donné son feu vert, quelques jours plus tôt pour administrer les doses Pfizer aux enfants de plus de 12 ans. Une étape essentielle pour beaucoup d’épidémiologistes qui espèrent ainsi assurer une immunité collective tant espérée, avec 90% de la population vaccinée, selon les recommandations de l’Institut Pasteur.

Si ce n’est qu’une question de jours, il appartient à chaque pays de se prononcer sur quand et dans quelles conditions ouvrir les portes des centres de vaccination aux adolescents. L’Allemagne a par exemple, avec la Roumanie, pris les devants en annonçant accueillir les enfants de plus de 12 ans dès le 7 juin prochain. Encore hésitante, cherchant le bon tempo pour sa campagne de vaccination dont le rythme s’est accéléré cette semaine, la France regarde avec attention ce qui est fait ailleurs, notamment aux États-Unis et au Canada dont la vaccination est ouverte aux jeunes depuis plusieurs semaines.

Un quart des jeunes vaccinés aux Etats-Unis

Après une campagne de vaccination menée tambour battant permettant d’atteindre aujourd’hui 51% de la population primo-vaccinée, les États-Unis ont rapidement ouvert la porte aux adolescents. Dès le début du mois de mai, les autorités sanitaires s’y sont montrées favorables, d’abord pour les 16-17 ans puis pour leurs cadets, âgés de plus de 12 ans. Parmi eux, plus de six millions ont reçu une première dose, soit 24% des adolescents américains.

Si l’autorisation a été donnée à leurs voisins canadiens au même moment, le gouvernement espère pouvoir leur administrer une première dose d’ici fin juin et une seconde dose avant la rentrée scolaire. Pour se faire, des bus et des centres de vaccination mobiles ont été installés dans les écoles. Seuls les enfants de moins de 14 ans ont besoin de l’accord de leurs parents pour recevoir le précieux sérum, leurs aînés peuvent prendre leur décision en autonomie. Une nouvelle étape, saluée par les pédiatres qui se réjouissent du retour des enfants à l’école et espèrent ainsi la tombée des masques dans les salles de classe. D’autres accusent la stratégie du gouvernement qui a favorisé l’injection de premières doses au détriment des deuxièmes, 52% de la population est primo-vaccinée contre seulement 5% totalement protégée.

Des SMS pour les écoliers de Singapour

Au sud de la Malaisie, au bord de la mer de Chine, Singapour s’apprête à vacciner dès le 3 juin ses adolescents âgés de plus de 12 ans. Alors que le pays enregistre un taux de vaccination totale de 30%, les jeunes pourront se rendre dans les centres de vaccination pour recevoir une dose de Pfizer. Chaque étudiant ou parents d’écolier recevra par SMS un lien unique d’inscription pour un créneau de vaccination. Les lycéens seront d’abord prioritaires, a précisé le ministère de l’Éducation. Ceux qui n’ont pas encore soufflé leur douzième bougie au 1er juin devront encore patienter. La décision de vacciner les plus jeunes a fait suite à une hausse de contaminations notamment de personnes mineures au sein de la cité-État, qui a dû fermer ses écoles mi-mai.

Une situation que veulent éviter les Emirats-Arabes-Unis où la vaccination aux 12-17 ans est possible depuis le 23 mai dernier. Les autorités émiraties comptent ainsi immuniser sa population dont 40% a reçu deux doses afin d’accueillir de nouveaux touristes cet été.

Si ces pays comptent bien atteindre au plus vite une immunité en vaccinant les enfants, d’autres restent plus prudents. Pourtant en position de sprinter dans la course aux vaccins avec près de 60% de sa population immunisée, Israël n’a ouvert la vaccination qu’aux jeunes de plus de 16 ans. Les plus jeunes devront attendre la publication d’une étude commandée par le gouvernement afin d’établir les risques. Les médecins craignent le développement de myocardites, une inflammation des muscles du cœur.

Ces dernières «relativement peu nombreuses» et de gravité «légère» retiennent aussi l’attention du Center for Disease Control and Prevention (CDC), équivalent américain de Santé publique France. Dans leur dernière étude datant du 17 mai, ils notent que ces complications touchent plus souvent les hommes, environ âgés de 22 ans, généralement quatre jours après l’apparition des premiers symptômes.