Europe : « Orban a fait de la Hongrie une véritable kleptocratie aux frais de l’Europe »

Tribune. Le régime de Viktor Orban mérite-t-il de recevoir un chèque de 7 milliards d’euros ? C’est la question à laquelle devrait répondre la Commission européenne, lundi 12 juillet, en se prononçant sur le plan de relance du gouvernement hongrois. Pour le groupe centriste au Parlement européen, la réponse est non.

Comme tous les Etats membres de l’Union européenne (UE), la Hongrie a été frappée par la pandémie de Covid-19. Comme tous les Etats membres, la Hongrie a le droit de bénéficier de la solidarité européenne et du plan de relance européen massif de 750 milliards d’euros. Mais à l’inverse des autres Etats membres, il est aujourd’hui impossible de s’assurer que l’argent de la relance allant en Hongrie ne sera pas tout simplement détourné.

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Reniant l’histoire et les valeurs de la Hongrie, Viktor Orban en a fait une « démocrature ». Il a affaibli les contre-pouvoirs, muselé la presse, rogné l’indépendance de la justice. Il a aussi fait de son pays un laboratoire de « l’illibéralisme » où les droits des minorités sont bafoués, comme l’illustre tristement sa dernière loi homophobe interdisant la représentation de l’homosexualité. Mais il a aussi fait de la Hongrie une véritable kleptocratie aux frais de l’Europe.

Une corruption « systémique » en Hongrie

Le système Orban sert avant tout les siens. L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a démontré que son gendre avait été le bénéficiaire frauduleux de marchés publics politisés. Le village d’enfance de Viktor Orban possède désormais un stade de football de 4 000 places pouvant accueillir deux fois sa population. Comme le dit son ami d’enfance, un chauffagiste devenu l’homme le plus riche de Hongrie : « Dieu, la chance et Viktor Orban y sont pour beaucoup dans ma réussite. »

Ces faits ne sont pas nouveaux. L’OLAF a pointé les nombreuses irrégularités et conflits d’intérêts dont le clan Orban s’est rendu coupable, mais la justice hongroise n’y a jamais donné suite. La Commission qualifie la corruption en Hongrie de « systémique » et reconnaît que les enquêtes sur la fraude y sont moins efficaces que partout ailleurs en Europe. Combien de temps accepterons-nous encore cela ?

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Jusqu’à aujourd’hui, l’Europe est restée impuissante. Les rapports s’entassent, les déclarations se succèdent ; sans effet. La Commission européenne traîne des pieds pour appliquer les sanctions financières envers le régime, alors que celles-ci sont désormais possibles depuis le 1er janvier 2021 grâce au travail des députés européens.

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