Evénementiel : pour la reprise, rendez-vous à la rentrée

Premiers à terre, derniers à se relever ? Le secteur de l’événementiel, qui s’était effondré en quelques jours à la survenue de la crise sanitaire en mars 2020, sera certainement l’un des derniers à monter dans le train de la reprise économique. Un coup dur pour une filière qui revendiquait avant la crise 41 000 salariés et dix fois plus d’emplois indirects, selon l’Union française des métiers de l’événement (Unimev). Depuis l’irruption du Covid-19, 18,1 % des postes ont été détruits, d’après une enquête menée auprès 1 100 entreprises adhérentes.

Après une année catastrophique pour le secteur, qui dans le monde d’avant organisait 1 200 salons et foires, 2 800 congrès et 380 000 événements d’entreprise et d’institution par an, la filière essaie tant bien que mal de se relever, malgré de nombreuses incertitudes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Evénementiel : les professionnels du mariage redoutent une année blanche

« Si reprise il y a, ça sera à la rentrée », estime Julie Failler, dirigeante d’Oscar, une société nantaise de billetterie et de badges. « L’été, c’est la période de la culture, pas de l’évènementiel. » Si la levée progressive des mesures sanitaires aura permis à certains évènements de se dérouler au mois de juin, avec notamment la tenue en format hybride (en présentiel et sur Internet) du salon Viva Technology (VivaTech), seuls « environ 15 % des événements qui se font habituellement en juin ont pu avoir lieu », selon Xavier Albizzati, gérant d’EDDP. Ce spécialiste des décors et mobiliers, qui a perdu 70 % de son activité depuis quinze mois, mise sur septembre, octobre et novembre pour se refaire une santé.

Confusion pour les traiteurs

Car si ces deux entreprises recommencent à recevoir des demandes de devis, notamment pour des gros congrès, « pour l’instant tout le monde reste très prudent ». Quant aux conventions et séminaires, « ils ne devraient pas reprendre avant novembre », estime M. Albizzati.

Et encore, tout est suspendu à l’arrivée « de nouveaux variants, et de la météo changeante à cette période, ce qui nous empêcherait de programmer des grands évènements dehors si les restrictions sanitaires sont à nouveau imposées », avance Mme Failler. Depuis le 1er juillet, le passe sanitaire est exigé pour tout évènement rassemblant au même moment 800 visiteurs en intérieur ou 1 000 en intérieur, exposants non compris. Les « mange-debout » (cocktails ou petite restauration), auparavant interdits, sont désormais autorisés en extérieur. Le gouvernement ne s’est toutefois pas encore prononcé quant à leur tenue en intérieur, entraînant la confusion pour les traiteurs : « Certaines personnes parlent de la crise au passé, mais nous, on en parle encore au présent. »

Il vous reste 56.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.