Exposition : l’art contemporain africain mis en avant à Montpellier

Vue de l’exposition « Cosmogonie.Zinsou, une collection africaine » au Mo.Co Hôtel des Collections, à Montpellier, le 2 juillet 2021.

Quand il a ouvert en 2013 à Ouidah (Bénin), le musée créé par la Fondation Zinsou était le premier en Afrique à se donner pour but de conserver et de présenter l’art contemporain du continent. Depuis, d’autres sont apparus, tels le Macaal à Marrakech en 2016 et le Zeitz Mocaa au Cap (Afrique du Sud) l’année suivante.

Depuis 2013, les collections du musée se sont développées jusqu’à dépasser le millier d’œuvres, signées d’une soixantaine d’artistes, ce qui laisse penser que la villa où il est installé, si vaste soit-elle, n’y suffira bientôt plus. De cet ensemble, une anthologie de 130 œuvres de 37 artistes occupe jusqu’au 10 octobre l’Hôtel des collections du MO.CO. de Montpellier, conformément au projet de son premier directeur, Nicolas Bourriaud, qui y avait auparavant fait venir des collections de Russie ou du Japon.

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La sélection opérée dans le fonds du Musée Zinsou, diverse et réfléchie, répond à deux nécessités complémentaires. La première est de déployer une histoire du dernier demi-siècle en privilégiant des artistes déjà montrés grâce aux expositions des fondations Cartier et Vuitton et, dans une moindre mesure, des institutions publiques.

Ce processus de reconnaissance, qui n’a véritablement commencé en France que dans la dernière décennie du XXe siècle, a depuis lors pris de l’ampleur et de l’assurance. Ce qui n’empêche que nombre des artistes ainsi révélés ne l’ont été que dans les derniers temps de leur vie, in extremis même pour certains. De ceux-ci, le Musée Zinsou a pu constituer à ses débuts des séries importantes, qu’il serait difficile de réunir aujourd’hui, ne serait-ce qu’en raison du renchérissement récent de leurs œuvres.

Chroniques urbaines et politiques

Ce sont, pour la photographie, les Maliens Seydou Keita (1921-2001) et Malick Sidibé (1936-2016) et l’Angolais Jean Depara (1928-1997), mais aussi, plus jeunes, le Camerounais Samuel Fosso, né en 1962, le Béninois Léonce Raphaël Agbodjelou, né en 1965, et l’admirable portraitiste qu’est la Sud-Africaine Zanele Muholi, née en 1972, montrée aussi bien à la Documenta de Kassel en 2013 qu’à la Tate Modern de Londres cette année ; pour la peinture, la star congolaise Chéri Samba, né en 1956, et, presque aussi célèbre, son compatriote Moké (1950-2001), autre figure ce que l’on appelle parfois l’école de Kinshasa ; tout aussi internationalement connu, Romuald Hazoumè, né en 1962 à Porto-Novo (Bénin), qui emploie tous les modes de la création actuelle, de l’assemblage à la performance, pour tenir la chronique politique et morale du pays où il vit.

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