Face à la progression du variant Delta, les entreprises américaines rétropédalent sur le retour au bureau

Amazon est l’une des entreprises américaines qui a décidé de reporter le retour des salariés à janvier 2022.

C’était l’anniversaire très chic de l’année, avec 475 invités. Mais lorsque la presse s’est saisie de l’affaire sur fond de progression du variant Delta, Barack Obama a dû rétropédaler. A la dernière minute, l’ancien président des Etats-Unis a désinvité une partie de ses hôtes attendus, samedi 7 août, pour ses 60 ans dans sa demeure cossue de Martha’s Vineyard dans le Massachusetts.

D’après les quelques photos qui ont fuité, la sauterie fut quand même splendide, mais l’affaire révèle une Amérique dans l’embarras. Après que Joe Biden a proclamé lors de la fête nationale du 4 juillet « l’indépendance » vis-à-vis du virus, le pays ne sait pas sur quel pied danser avec la progression du variant Delta et le ralentissement des vaccinations – la moitié de la population est complètement vaccinée.

Paradoxe, à New York, le maire de Bill de Blasio a convié un immense concert à Central Park, samedi 21 août, pour célébrer la fin de la pandémie, avec des stars telles que Bruce Springsteen et Paul Simon. Mais au même moment, les entreprises rétropédalent. Le salon automobile de New York, qui se tient du 20 au 28 août, vient d’être annulé. Le Festival 3686, qui réunit en septembre à Nashville dans le Tennessee des entrepreneurs, a été supprimé tandis qu’un festival de jazz prévu mi-octobre à La Nouvelle-Orléans a été reporté au printemps.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A New York, dans l’Upper East Side, le commerce se meurt… en faveur du e-commerce

Bataille sur la vaccination obligatoire

Les entreprises, qui avaient exigé de leurs salariés qu’ils retournent en personne au bureau en septembre au bureau, ont reporté l’échéance. CNN a décalé d’un mois le retour au bureau, Amazon a repoussé l’échéance à début janvier, Lyft à février tandis que le fabricant informatique Dell n’a pas donné de date. Les banques, qui avaient fortement insisté sur les vertus d’un retour au bureau, n’ont pas encore bougé : JPMorgan demande à ses salariés de retourner au bureau comme prévu mais les enjoint de porter un masque.

La bataille sur la vaccination obligatoire se joue largement dans les entreprises. Le premier à avoir engagé le combat fut l’hôpital du Texas, Houston Methodist, qui emploie plus de 26 000 personnes et a imposé la vaccination à des soignants. Des salariés ont attaqué en justice et ont perdu. Fin juin, quelque 153 salariés ont démissionné ou ont été licenciés faute de s’être fait vacciner.

Le combat se fait parfois contre les Etats, aux gouverneurs républicains, qui ont pris des mesures contre toute coercition, tel le gouverneur de Floride Ron DeSantis. Ainsi, les croisières Norwegian, qui comptent embarquer le 15 août de nouveaux passagers à condition qu’ils soient vaccinés, ont attaqué en justice et reçu le feu vert d’un juge fédéral pour imposer cette contrainte. Un juge fédéral a aussi estimé le 19 juillet que l’Indiana University avait le droit d’exiger la vaccination de ses étudiants.

Il vous reste 33.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.