Face au risque pour ses agents, Pôle emploi se dote en Ile-de-France de bracelets d’alerte

Le plan de sécurité présenté par le direction de la direction Pôle emploi, décliné au niveau local par chaque région, vise à assurer aussi bien la sécurité des agents que celle des demandeurs d’emploi, assure le directeur général de l’opérateur public.

C’est sans doute un hasard du calendrier. Pôle emploi et Elisabeth Borne ont démenti, vendredi 1er octobre, tout lien entre le renforcement de la sécurité dans les agences de Pôle emploi et l’entrée en vigueur, le même jour, de la réforme de l’Assurance-chômage qui prévoit que l’indemnisation versée aux demandeurs d’emploi est soumise à des règles plus dures.

Dans un article publié sur son site jeudi, France Inter affirme que « Pôle emploi semble s’inquiéter d’éventuelles agressions de ses agents, après l’entrée en vigueur de la réforme de l’Assurance-chômage ».

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Risques accrus pour les conseillers

La radio publique fait référence à un document présenté la semaine dernière en CSE (comité social et économique) central. Selon l’Agence France-Presse (AFP) qui se l’est procuré, la direction de l’opérateur public évoque « des risques de sûreté qui se sont accrus (violence, terrorisme, cybercriminalité…) ».

Elle note que Pôle emploi « est exposé à ces risques : incivilités et agressions verbales, écrites et physiques, manifestations, envahissements…) » mais ne fait aucune référence à la réforme de l’Assurance-chômage, pas plus que dans le plan décliné en Ile-de-France. Ce dernier document, présenté cette semaine aux élus syndicaux et également consulté par l’AFP, précise que 695 bracelets, permettant aux agents de déclencher une alerte en cas de danger, ont été commandés pour les sites franciliens.

« Sécurité des agents et des demandeurs d’emploi »

Réagissant à l’article de France Inter, un responsable syndical de Pôle emploi a affirmé : « Ce sont des parallèles hasardeux. Il s’agit des suites du drame de Valence en janvier », faisant référence au d’une responsable d’équipe de 53 ans le 28 janvier. La représentante d’un autre syndicat confirme qu’« Il n’y a pas de lien direct entre les deux, mais cela pourra aider car l’arrivée de la réforme risque de créer des situations complémentaires d’agressivité ».

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De son côté, Elisabeth Borne, la ministre du travail, a rappelé sur LCI qu’après ce meurtre en janvier, « la direction veut rassurer ses agents de la crainte d’une agression. C’est extrêmement choquant d’entretenir une confusion avec la réforme de l’Assurance-chômage ».

« Le plan de sécurité, décliné au niveau local par chaque région, n’a rien à voir avec l’entrée en vigueur de la réforme de l’Assurance-chômage. Il vise à assurer aussi bien la sécurité des agents que celle des demandeurs d’emploi (…) à la suite du drame de Valence, qui a coûté la vie à une de nos conseillères », souligne pour sa part dans un communiqué le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, qui déplore que ces mesures soient « instrumentalisées ».

S’agissant de la réforme de l’Assurance-chômage, Pôle emploi assure avoir « formé l’ensemble de ses conseillers, et notamment ses 7 600 conseillers, en gestion des droits pour étudier les nouveaux droits des demandeurs d’emploi et répondre à leurs questions ». « Un espace dédié sur le site pole-emploi.fr » doit être mis en ligne dans la journée.

Le Monde avec AFP