Festival de Cannes 2021 : avant le palmarès, le jury délibère et aucun favori ne se dégage nettement

Un palmier sur la Croisette de Cannes, le 4 juillet 2021.

Qui succédera à Parasite, du Sud-Coréen Bong Joon-ho, couronné en 2019, avant le coronavirus ? Cette année, aucun favori ne se détache nettement, au terme d’une compétition de bonne tenue qui a compté pas moins de 24 films en compétition officielle.

Le jury du Festival de Cannes est réuni samedi 17 juillet dans un lieu tenu secret pour décider qui remportera la prestigieuse Palme d’or décernée en début de soirée (cérémonie de clôture à partir de 19 heures), épilogue d’une édition qui aura tenu sa promesse : célébrer, malgré la pandémie, le retour dans les salles et les retrouvailles du cinéma mondial.

Pour délibérer, le jury présidé par le cinéaste américain Spike Lee, premier artiste afro-américain à ce poste, et comptant des personnalités aussi diverses que la chanteuse Mylène Farmer ou le cinéaste Brésilien Kleber Mendonça Filho, s’est retiré dans une villa cannoise.

Au sein du jury, « chacun a une opinion différente », avait confié Spike Lee dans les premiers jours du festival. « J’ai promis aux gens du jury que je ne serai pas un dictateur, que je serai démocratique… mais jusqu’à un certain point, puisque si le jury est partagé à quatre contre quatre, c’est moi qui décide ! On va se marrer ! ».

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Parmi les films qui ont le plus marqué la Croisette, Drive my car, du Japonais Ryusuke Hamaguchi, est le favori de la presse internationale. Ce film-fleuve à l’esthétisme éblouissant, adapté d’une nouvelle de Haruki Murakami, met en scène deux êtres hantés par le passé.

Dans d’autres genres, personne n’a oublié Annette, opéra-rock de Leos Carax, depuis sa projection en fanfare à l’ouverture, et beaucoup citent Julie (en 12 chapitres), fine observation des mœurs amoureuses de la jeunesse d’aujourd’hui, à la tonalité féministe, par le Norvégien Joachim Trier.

Palme d’or d’honneur à Bellocchio

A moins que le jury ne saisisse l’occasion de primer une femme, pour la deuxième fois seulement, 28 ans après La Leçon de piano de Jane Campion – pourquoi pas la benjamine de la compétition Julia Ducournau, auteur du film le plus gore, Titane, boudé par la critique mais qui n’a laissé personne indifférent.

Un sacre, à Cannes, du Russe Kirill Serebrennikov, en disgrâce à Moscou et interdit de quitter son pays après une condamnation, ou de Nadav Lapid, critique acerbe d’Israël, enverrait un message politique fort.

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Parmi les cinéastes qui ont déjà obtenu la Palme d’or et tentent de rejoindre le club très fermé des neuf réalisateurs deux fois couronnés, seul Apichatpong Weerasethakul a convaincu une partie de la critique avec son film Memoria, pourtant le plus hermétique. Les derniers opus de Nanni Moretti et Jacques Audiard ont paru à beaucoup perdre en souffle ou en singularité.

La soirée de samedi sera aussi l’occasion de remettre une Palme d’or d’honneur au cinéaste italien Marco Bellocchio, qui après cinq décennies de carrière engagée, n’épargnant ni l’armée ni la religion, présente un documentaire très personnel, Marx peut attendre.

Et après l’émotion du palmarès, la Croisette va pouvoir décompresser. Cannes projette en clôture et en avant-première la comédie française la plus attendue de l’été, OSS 117, Alerte rouge en Afrique noire, signée Nicolas Bedos avec Jean Dujardin, Pierre Niney, et Fatou N’Diaye.

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Le Monde avec AFP