Festival de Cannes 2021 : Tilda Swinton revient à la maison en tournant en Colombie avec un cinéaste thaïlandais

British actress Tilda Swinton smiles during a press conference for the film

Il est treize heures, ce samedi 17 juillet, et Tilda Swinton ne sait pas encore si elle sera invitée en tant qu’habituée du Festival de Cannes ou en tant que lauréate à la cérémonie de clôture de cette 74e édition. Elle y est venue pour la première fois en 1987, pour le film collectif Aria, a accompagné aussi bien Jim Jarmusch que Wes Anderson, Béla Tarr, ou Lynne Ramsay. En 2004, elle a été jurée, sous la présidence de Quentin Tarantino et n’est sans doute pas étrangère au prix du jury qu’Apichatpong Weerasethakul a décroché pour Tropical Malady (ex aequo avec Ladykillers des frères Coen).

En attendant d’être fixée sur son statut pour la soirée, celle qui aime à dire qu’elle n’est « pas une actrice » enchaîne les interviews dans un palace de la Croisette. Elle est là pour parler de Memoria, d’Apichatpong Weerasethakul, qui a été présenté en fin de compétition. Mais elle demeure à Cannes depuis le début du festival, puisqu’elle accompagne quatre films, The Souvenir Part II de la Britannique Joanna Hogg, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, la réédition de son second film Friendship’s Death, de Peter Wollen (1987), dans la section Cannes Classics, et deux longs métrages en compétition, Memoria et The French Dispatch, de Wes Anderson.

Comment peut-elle dire qu’elle n’est pas une actrice, elle que l’on voit à l’écran depuis que – il y a trente-cinq ans – elle a fait ses débuts dans le Caravaggio de Derek Jarman ? « Je ne me considère pas comme une interprète, explique-t-elle. A l’occasion, au fil des ans, il m’est arrivé de m’emparer d’un scénario écrit par un autre et d’interpréter un rôle. Mais en général, ce n’est pas ce pour quoi je suis faite. Je suis faite pour les choses faites à la main, qui ne s’expriment pas directement. En général sans les mots. C’est ça mon matériau ».

Celui des films de Jarman, cinéaste queer mort du sida en 1994, ou celui du film de Peter Wollen, Friendship’s Death, dialogue entre un journaliste britannique et une extraterrestre coincés dans une chambre d’hôtel d’Amman pendant le Septembre noir palestinien de 1970. Après ses détours dans l’univers Marvel (Dr Strange), ses apparitions récurrentes chez Wes Anderson ou Bong Joon-ho (Snowpiercer, Okja), Memoria lui apparaît comme un retour aux sources. D’autant que son personnage d’étrangère, Britannique qui dérive en Colombie, en proie à des hallucinations auditives, n’est pas sans parenté avec celui de Friendship (amitié), l’extraterrestre qui fut son premier rôle, elle a trouvé « un bel écho » dans cette correspondance.

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