Festival des cultures et identités LGBT : à Paris, stand-up et voguing pour gagner en visibilité

Les rideaux noirs se ferment, la lumière s’estompe sur un public jeune et impatient quand une femme à la posture fière entre sur scène. « Moi, c’est Tahnee. T-A-H-N-E-E. Je me suis toujours demandé si mes parents ne jouaient pas à “Des chiffres et des lettres” quand ils m’ont donné ce prénom », commence-t-elle. Tahnee est une humoriste féministe, lesbienne et queer, et la première à se produire pour cette soirée de lancement du 14e des fiertés, le festival des cultures et identités LGBTQI +, organisé par la mairie du 14e arrondissement de Paris, en partenariat avec Komitid, un média LGBT +.

Il s’agit de « diffuser la culture de la communauté LGBT à travers des moments de festifs », explique Guillaume Durand, adjoint (EELV) de Carine Petit, la maire de l’arrondissement. Pendant dix-sept jours, festivités, événements culturels et tables rondes vont se succéder pour sensibiliser le grand public aux questions des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et trans. Et, pour les associations, interpeller les élus afin de créer des lieux d’expression artistique pour la communauté, qui s’estime oubliée par la politique municipale.

« Demandons de la thune »

Tahnee enchaîne blagues et performances, elle qui aime « le stand-up, pour prendre [s]a revanche » sur des moments de sa vie. Avec des reparties cinglantes, la jeune Antillaise partage le récit de son coming out et de sa relation avec sa copine, elle aussi métisse. « Nous, les femmes lesbiennes et noires, on est comme le clitoris. On n’est pas très connues, mais on existe », s’exclame-t-elle devant un public conquis.

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Soudain, un, deux, puis trois… Des danseurs à la tenue moulante, dont on ne compte plus le nombre, surgissent sur scène. Place au voguing, une danse urbaine venue de la culture afro-américaine et homosexuelle. Hissés sur leurs talons aiguilles, les danseurs de la troupe House of Ninja se contorsionnent et ondulent dans une forme de sensualité accentuée. Dans la salle, les spectateurs se déhanchent avant de faire une standing ovation à la troupe.

Ils doivent laisser leur place à Barbara Butch, une DJ militante féministe et LGBTQI + venue, elle aussi, avec un message : « Nous avons besoin de lieux festifs pour la communauté. Demandons de la thune à la mairie », lance-t-elle. Comme un cri de guerre parce qu’un festival de deux semaines ne suffira pas à la visibilité de la communauté. « Il faut que les collectivités mettent la main à la pâte pour réellement développer des moyens », conclut Barbara Butch. Le ton du festival, qui se clôturera le 21 novembre, est donné.