FIAC : une semaine d’exception pour l’art contemporain

Au stand de la galerie Templon, à la FIAC, le 21 octobre 2021.

Faut-il parler de renaissance ? Cette semaine d’événements orchestrés autour de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) a emporté Paris dans un élan nouveau. Bonheur des retrouvailles après dix-huit mois d’abstinence ? Dès les premières heures, le Grand Palais éphémère, qui accueille la foire jusqu’en 2024 sur le Champ-de-Mars, bourdonnait de VIP, et les négociations allaient bon train. Tendance confirmée au fil des jours. Tout n’était pourtant pas parfait dans cette 47e édition, resserrée à 160 galeries : sous la voûte tristement tendue de bleu marine, les stands étaient plus contraints, même ceux de mastodontes comme Gagosian ou Hauser & Wirth, et le confort du visiteur plutôt spartiate. Mais l’ambiance cotonneuse facilitait concentration et discussions au gré d’accrochages solides, bien que sans surprise. Edifiée spécialement pour la FIAC à l’ombre de la tour, la galerie Eiffel bénéficiait, elle, d’une agréable lumière naturelle ; les galeries émergentes qu’elle abritait ont elles aussi plutôt bien tiré leur épingle du jeu.

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En ces temps d’incertitude, les valeurs refuges semblent avoir plus que jamais emporté les suffrages. Au premier chef desquelles la peinture : les toiles du kinois Hilary Balu sont parties très vite chez Magnin-A, ainsi que celles de Cecilia Granara chez Exo Exo ; tout juste sorti des Beaux-Arts de Paris, Simon Martin a fait sold out dès la première heure chez Jousse entreprise. Rares étaient les marchands à avoir pris le risque d’un stand mis en scène : on saluera d’autant plus Catherine Issert et son accrochage qui faisait voir double autour des deux divans de John Armleder, la tapisserie intégrale de Thomas Bayrle chez les berlinois Neugerriemschneider, ou le jardin de pierre et métal de la jeune Roumaine Nona Inescu, chez SpazioA. Car l’audace n’était pas forcément payante, ni même la qualité : on peut s’étonner notamment que les merveilleux dessins de confinement de Laura Lamiel, vendus à petit prix chez Marcelle Alix, n’aient guère attiré les regards.

« Ventes conséquentes »

La plupart des grandes galeries ne cachent pourtant pas leur contentement. Profitant de l’engouement des collectionneurs et des fondations pour le mouvement Supports/Surfaces, Ceysson & Bénétière a cédé plus d’une cinquantaine d’œuvres entre 15 000 et 150 000 euros. La galerie Lelong se félicite aussi « de ventes conséquentes sur l’ensemble de [ses] artistes, à des collectionneurs fidèles, mais aussi à de jeunes et nouveaux amateurs intéressés par le travail d’artistes femmes comme Etel Adnan ou Kiki Smith ».

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