Fibre, mobile : les opérateurs français ont dépensé 11,5 milliards d’euros pour leurs réseaux en 2020

Il s’agit d’une année record pour les investissements dans les infrastructures télécoms.

14,3 milliards d’euros ont été investis par les opérateurs télécoms en 2020, dont 2,8 milliards consacrés à l’achat de nouvelles fréquences pour la 5G. Avec 11,5 milliards d’investissement dans les réseaux, il s’agit d’une année record. C’est 8,4% de plus qu’en 2019. La pandémie n’a pas freiné les chantiers de déploiement de la fibre, de la 4G ni de la 5G. Ou plutôt, après quelques dysfonctionnements pendant le premier confinement, les opérateurs et leurs sous-traitants ont mis les bouchées doubles pour rattraper leur retard.

La course au déploiement traduit la volonté de l’autorité de régulation des télécoms (Arcep) de continuer à pousser la concurrence par les infrastructures. En cela, Laure de la Raudière, présidente de l’Autorité depuis le début de l’année, s’inscrit dans la même ligne que ses prédécesseurs. Elle souhaite continuer à favoriser le principe du cofinancement des réseaux fibre dans les zones les moins denses, pour permettre aux opérateurs d’offrir les mêmes tarifs pour ce service dans la France entière.

L’année dernière, 5,8 millions de nouveaux locaux ont été rendus éligibles. Désormais, 60% sont éligibles avec à la clef une augmentation du nombre d’abonnés. En 2020, 10,4 millions de Français ont opté pour la fibre. Le pendant de l’extension de l’empreinte du réseau fibre est l’arrêt du cuivre. Laure de la Raudière, la présidente de l’Arcep évoque «l’étude de solution pour encourager les abonnés à basculer sur la fibre». Mais dans le même temps, elle réaffirme que le régulateur restera «vigilant sur la qualité de service délivré par le réseau cuivre». À ce titre, un accord a d’ailleurs été signé avec Orange début mai.

La présidente de l’Arcep a aussi rappelé qu’il serait écologiquement inconcevable d’exploiter deux réseaux fixes en même temps. Le passage du cuivre à la fibre est donc un des gros dossiers des mois et des années à venir, pour le secteur.

Améliorer les raccordements à la fibre

«Nous ne sommes pas satisfaits du taux d’échec de raccordement au FTTH (fibre jusqu’à la maison)», a ajouté Laure de la Raudière. Les «plats de nouilles» avec des fibres en pagaille dans les armoires de rues ou dans les immeubles, les abonnés «débranchés» sauvagement… tous ces points ne passent plus. Des accords ont été mis en place avec les opérateurs et leurs sous-traitants pour tenter de rétablir la situation. Mais l’Arcep se réserve le droit d’aller plus loin si les malfaçons se poursuivent. Une bonne nouvelle pour les consommateurs qui s’arrachent parfois les cheveux!

Si les consommateurs se ruent sur le très haut débit, cela ne se voit pas encore dans les comptes des opérateurs télécoms. L’année dernière le chiffre d’affaires du secteur a reculé de 0,4% à 35,6 milliards d’euros. Ce alors que les investissements décollent, l’équation devient de plus en plus compliquée à résoudre pour les acteurs du secteur, qui peinent à trouver des relais de croissance.