Films, séries, réseaux sociaux… Leïla Bekhti, une star d’aujourd’hui

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Publié aujourd’hui à 00h35

Il y a un moment qu’elle l’a repéré. Leïla Bekhti se penche un peu au-dessus de son thé, elle murmure : « Il est chelou le type derrière moi, non ? » Derrière elle, ce jour d’été, à la terrasse d’un café parisien où la comédienne a donné rendez-vous, un homme parle tout seul, debout, le regard un peu fou. Oui, il est « chelou » – louche, agité, grommelant des propos incohérents. Soudain, il attrape son verre et sa bouteille de Coca et les envoie se fracasser sur la chaussée. Il reste un instant les bras ballants puis s’éloigne lentement, toujours marmonnant. La scène a duré quelques secondes, mais le fracas du verre résonne comme un drôle d’écho au film dont nous parle au même moment Leïla Bekhti.

Dans La Troisième Guerre (en salle le 22 septembre), premier long-métrage du réalisateur Giovanni Aloi, elle interprète une militaire de la mission « Sentinelle », attachée à la sécurité du territoire face à la menace terroriste. Une menace d’autant plus angoissante qu’elle peut surgir d’une situation apparemment anodine – deux hommes qui se séparent un peu vite à l’approche des soldats, un appareil qui clignote sur le siège passager d’une voiture mal garée… « C’est chelou », s’inquiète souvent dans le film l’une des deux recrues en patrouille sous les ordres de Leïla Bekhti.

« Leïla est la première actrice que j’ai rencontrée pour ce rôle, se souvient Giovanni Aloi. J’ai été convaincu tout de suite. Il émane d’elle une force qui se prêtait à son personnage, celui d’une femme qui veut à tout prix s’intégrer dans ce milieu très machiste qu’est l’armée. » A l’époque, la comédienne est enceinte. « Nous en avons discuté. Ça a donné à son interprétation une puissance intérieure encore plus grande », insiste le réalisateur italien.

« La star d’à côté »

Giovanni Aloi filme des militaires que leur mission, parfois, porte à la limite de la paranoïa. « Ils attendent qu’il se passe quelque chose, résume Leïla Bekhti. Toute la journée, ils essayent d’anticiper… Et, la plupart du temps, il ne se passe rien. Comment on gère cette situation permanente de stress ? Comment on échappe à la folie qu’on a tous dans la tête ? Psychologiquement, ce film raconte un truc qui m’intéressait. » Elle évoque un tournage rapide, peu de moyens, un sujet délicat à traiter – rien, pourtant, qui la fasse hésiter : « J’aime beaucoup l’idée de porter un film qui n’est pas facile à porter. »

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