Flambée des prix de l’énergie : les Occidentaux demandent aux Russes d’ouvrir les vannes

Sur le chantier du gazoduc russe Nord Stream 2, dans la mer Baltique, en septembre 2021.

L’heure est aux appels à l’aide. Face à la flambée des prix du gaz, et par glissement, de ceux de l’électricité, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se tourne vers la Russie. Porte-voix des pays importateurs, l’organisation intergouvernementale « pense que la Russie pourrait faire plus pour augmenter la disponibilité du gaz en Europe », selon un communiqué diffusé le 21 septembre. Et donc pour réduire, par là même, la pression sur les cours. Autre enjeu, aujourd’hui incertain : il s’agit d’« assurer que les stocks soient remplis à des niveaux adéquats en préparation de la saison hivernale ». La situation est d’autant plus critique que les pays de l’Union européenne importent majoritairement leur gaz de Russie (près de 40 %), puis de Norvège, d’Algérie et du Qatar.

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En France, par exemple, l’un des 30 membres de l’AIE, qui est rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les tarifs réglementés ont bondi de 8,7 % en septembre, après presque 10 % en juillet et plus de 5 % en août. En cause, des éléments structurels : la reprise de l’économie à travers le monde – notamment en Asie – ainsi que la hausse du prix des quotas de CO2, ces permis de polluer payés par les industriels.

S’agissant du gaz, certes, « sur la base des informations disponibles, la Russie remplit ses contrats de long terme vis-à-vis des pays européens ». Mais il y a un « mais » : « Ses exportations vers l’Europe sont en baisse par rapport à leurs niveaux de 2019 », précise le communiqué de l’AIE.

Encore plus tributaire

La ministre américaine de l’énergie, Jennifer Granholm, s’est également invitée dans le débat. Jusqu’à considérer que la Russie, sans toutefois la nommer, pourrait tirer quelque avantage à la situation. « Nous et nos partenaires devons être prêts à continuer à nous interposer lorsqu’il y a des acteurs qui peut-être manipulent l’offre afin d’en bénéficier », a-t-elle considéré, le 22 septembre, dans le cadre d’un déplacement en Pologne.

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Comment expliquer la position actuelle de la Russie ? Pour certains observateurs, la Russie cherche à rendre l’Europe encore plus tributaire de son nouveau gazoduc vers l’Allemagne, Nord Stream 2, dont les Etats-Unis ont d’abord voulu empêcher l’installation. Le tuyau attend l’aval du régulateur allemand pour sa mise en service effective, prévue pour la fin de l’année. Il permettra aux Russes d’éviter de passer par l’Ukraine, avec laquelle les relations diplomatiques sont au plus bas. « Pour la Russie, la logique n’est pas tant celle de l’économie de marché que celle de la géopolitique d’Etat. Elle n’a jamais envisagé le gaz sous l’angle uniquement économique », estime Nicolas Goldberg, spécialiste énergie pour le cabinet de conseil Colombus Consulting.

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