Flaubert en Bretagne, le retour du « Nautilus », Georges Perec… Une semaine de lectures

« Fantaisie vagabonde. En Bretagne avec Flaubert », de Thierry Dussard.

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, un pèlerinage d’admiration dans les pas de Gustave Flaubert en Bretagne ; un joyeux album qui dit les moments d’enfance vécus lors d’une colonie de vacances ; une bande dessinée dans laquelle se mêlent les univers de Jules Verne et Rudyard Kipling ; enfin, un numéro des Cahiers Georges Perec qui montre la dimension internationale de l’auteur de La Vie, mode d’emploi.

RÉCIT. « Fantaisie vagabonde. En Bretagne avec Flaubert », de Thierry Dussard

« Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton, ou normand, on ne sait de quel tonneau. » A la lecture de Par les champs et par les grèves, où le futur auteur de Madame Bovary, âgé de 25 ans, relate un périple entre Haute et Basse-Bretagne, Hervé Dussard s’était promis de refaire le voyage. Pèlerinage d’admiration, d’amitié, d’intimité. En compagnie étroite avec deux fantômes : « Gust » (ainsi que ses proches appelaient Flaubert) et son inséparable « Max », alias Maxime Du Camp.

« Confinistérisé » pour cause de pandémie, Hervé Dussard a réalisé son rêve. La Bretagne de 1847 avait enchanté Gust et Max, en guerre contre la vulgarité moderne. Leur journal à quatre mains, chronique documentée autant que fantasque, ponctue les feuilles de route de Thierry Dussard, covoyageur posthume de ces fils de famille travaillés de puissantes ambitions littéraires, fins observateurs, quoique étonnamment indifférents à la misère noire croisée ici et là. Attentif à l’émergence dans ces écrits de jeunesse du « ton Flaubert », comme au monde disparu qu’il décrit, Thierry Dussard conjugue lectures et rêveries autobiographiques, au fil d’un récit subtil et tendre. Marie-Hélène Fraïssé

« Fantaisie vagabonde. En Bretagne avec Flaubert », de Thierry Dussard, Paulsen, 184 p., 19,90 €, numérique 11 €.

ENFANCE. « La Colonie de vacances », de Fanny Dreyer

« A mon papa, moniteur légendaire de la colonie des Ecureuils. » La dédicace de ce magnifique album dépose une pointe de nostalgie avant d’emporter le lecteur dans un joyeux récit. L’autrice et illustratrice suisse Fanny Dreyer, à qui l’on doit Le Mystère du monstre, avec Stéphanie Bille (La Joie de lire, 2012), Moi, canard, avec Ramona Badescu (Cambourakis, 2016), a retrouvé une centaine de photographies de son père datant des années 1970. Ce fut le point de départ, complété par ses propres souvenirs, de cet album, dense, délicat et pétillant à la fois. En dix chapitres, elle raconte une semaine en colonie de vacances d’une petite bande d’enfants : Louise, Marco, Nina, Ali, Jeanne. Leurs récits se croisent et chaque illustration participe à la narration chorale, avec son lot de détails significatifs et de suggestions évocatrices.

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