Flottes d’entreprise : « Les constructeurs automobiles ne prennent pas assez en compte les besoins de cette clientèle »

Dans l’usine PSA Peugeot Citroën, à Trnava, en Slovaquie, en avril 2020.

Surpris par la vitesse à laquelle les flottes d’entreprise s’électrifient, le directeur automobile de la société de conseil Accenture (anciennement Anderson Consulting), Pierre Gerfaux, regrette que les attentes des flottes ne soient pas davantage intégrées dans les processus de développement des véhicules.

Le cadre légal et réglementaire des flottes évolue considérablement. Comment les entreprises réagissent-elles aux zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), à la loi d’orientation des mobilités (LOM) et à la loi Climat et résilience ?

Du point de vue des loueurs, la grande surprise provient du passage à l’électrique. Cette transition n’était pas attendue aussi rapidement. Bien entendu, cette tendance est guidée par la LOM et la loi Climat et résilience. Mais si les entreprises veulent respecter la loi, l’électrification constitue également un argument marketing. Les décideurs veulent pouvoir mettre en avant leurs flottes vertes pour renforcer leur image d’entreprise vertueuse. L’engouement pour cette électrification est surprenant car, traditionnellement, les entreprises sont très pragmatiques dans leurs choix. L’usage reste cantonné à des distances faibles du type du domicile au travail. Le véhicule électrique peut parcourir 400 kilomètres mais, dans ce cas, la recharge de la batterie risque de poser problème.

La fiscalité constitue l’une des lignes budgétaires les plus importantes d’un véhicule d’entreprise. Comment influe-t-elle sur les pratiques des entreprises ?

En tant qu’entreprise, si vous voulez éviter les malus et les restrictions d’accès à certaines villes, vous devez électrifier votre flotte. La loi produit les effets attendus. Les ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables explosent. Chez Alphabet (spécialiste de la location longue durée du groupe BMW), les modèles électriques représentent 17 % des commandes. Ce pourcentage est énorme.

« La batterie des véhicules électriques maintient sa valeur pendant très longtemps et assure de bons prix de revente »

Des interrogations subsistaient sur les valeurs résiduelles [valeurs de revente sur le marché de l’occasion] des véhicules électriques. Or, sur les contrats des loueurs longue durée, elles sont meilleures que celles des modèles thermiques. Alors qu’elle représente 40 % du coût, la batterie a une durée de vie plus longue que prévu. Son comportement diffère de celui des accumulateurs des téléphones portables. La batterie des véhicules électriques maintient sa valeur pendant très longtemps et assure de bons prix de revente. Au-delà des contraintes liées à son utilisation, le véhicule électrique présente une équation économique pertinente.

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