Flottes d’entreprise : les utilitaires à l’heure des énergies alternatives

Camionnettes, fourgonnettes, bennes, fourgons frigorifiques ou plateaux ridelles, les véhicules utilitaires vont à leur tour devoir adopter les énergies alternatives pour poursuivre leur route. Pour les entreprises qui les utilisent, un véritable changement se prépare. Sur les 350 000 véhicules utilitaires immatriculés chaque année, le taux de motorisation diesel est supérieur à 90 %. Passer du diesel à l’électrique n’en sera que plus difficile d’autant que le choix du diesel par les entreprises et artisans commerçants correspond à des avantages fiscaux (récupération de la TVA sur le gazole) et techniques (un meilleur couple moteur pour la traction de charges lourdes).

Toutefois, le législateur semble avoir pris en compte les freins à la transition énergétique que vont rencontrer les utilisateurs de véhicules utilitaires. Depuis, le 1er juillet dernier, la loi de finances accorde aux véhicules utilitaires électriques, dont le taux d’émission de CO2 est inférieur ou égal à 20 grammes par kilomètre, un bonus équivalent à 40 % de leur coût d’acquisition dans la limite de 5 000 euros. Par ailleurs, la prime à la conversion s’applique aussi aux véhicules utilitaires dont le taux d’émission de CO2 est inférieur ou égal à 50 grammes par kilomètre et dont l’autonomie en mode tout électrique en ville est supérieure à 50 kilomètres. Ils bénéficient ainsi jusqu’à la fin de l’année d’une prime équivalente à 40 % du coût d’acquisition dans la limite de 5 000 à 9 000 euros en fonction du tonnage du véhicule.

L’électrique plus économique que le diesel

Des encouragements qui s’ajoutent à ceux dévoilés par l’étude TCO Scope menée par l’Arval Mobility Observatory (AMO). Dans sa dernière édition, cet observatoire montre que les versions électriques des véhicules utilitaires peuvent aussi s’avérer plus économiques que les diesels. En comparant les coûts d’usage, cette étude montre que la version électrique d’un Peugeot Partner est plus rentable à l’usage que les versions essence ou diesels. Sur une durée de quarante-huit mois et 100 000 kilomètres, un surcoût d’usage de 3 700 euros est enregistré entre les versions électriques et diesels. « Cet écart traduit les avantages dont profitent les modèles électriques à l’heure actuelle, signale l’AMO. C’est-à-dire une fiscalité avantageuse mais également un coût de l’énergie inférieur de 1 840 à 2 840 euros selon les kilométrages, et surtout un coût d’entretien moins élevé allant de 3 844 à 5 200 euros. »

En attendant, ces atouts ne se traduisent pas encore dans les chiffres de ventes. Sur un total de 246 000 immatriculations en France depuis le début de l’année, 7 350 véhicules utilitaires électriques seulement ont fait l’objet d’une acquisition par des entreprises. Sans doute faudra-t-il attendre la mise en place prochaine des ZFE (zones à faibles émissions) dans les centres-villes des grandes agglomérations puis l’interdiction du diesel dans les villes en 2024 pour voir l’offre des constructeurs s’accroître et les entreprises s’équiper pour pouvoir continuer à circuler.

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