Fonds qui investissent dans les PME, soyez sélectif

Investir dans l’économie réelle et soutenir les entreprises locales : voilà un programme ambitieux, accessible aux épargnants désireux de placer leurs économies au capital des PME françaises. Plusieurs arguments rendent cet investissement attractif.

Tout d’abord, il est encouragé par l’Etat par le biais d’un avantage fiscal. Ce dispositif, appelé « réduction sur le revenu loi Madelin », permet aux contribuables qui souscrivent au capital de certaines sociétés de bénéficier d’une réduction de leur impôt sur le revenu égale à 25 % des sommes investies (pour les versements réalisés depuis le 9 mai et jusqu’à la fin de l’année). En contrepartie, il faut s’engager à conserver ses parts au moins cinq ans.

Autre attrait de cet investissement : le potentiel de performance. Selon l’association professionnelle France Invest, l’investissement dans les entreprises non cotées est le placement le plus rémunérateur sur une longue période. Ainsi, sur les quinze dernières années, la performance annuelle du capital investissement ressort à 11,7 % en moyenne, contre 5,4 % pour l’indice des grandes valeurs cotées, le CAC 40.

Pour un particulier, il reste cependant complexe d’investir en direct au capital de PME. Il faut être capable d’identifier les pépites de demain, s’assurer que l’entreprise identifiée est bien éligible au dispositif de réduction d’impôt et posséder des sommes conséquentes.

Pour jouer les apprentis « business angels » sans y laisser sa chemise, une solution consiste à se tourner vers des fonds gérés par des professionnels, comme les fonds d’investissement de proximité (FIP) et les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI).

Des contraintes

Attention, toutefois, les résultats de ces produits sont loin de ceux avancés par France Invest : tout d’abord car ils doivent respecter des contraintes d’investissement ; ensuite car leurs frais sont particulièrement élevés. Le taux de frais annuel moyen se monte ainsi entre 3,50 % et 4 % par an !

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Pour générer de la performance au-delà de l’avantage fiscal, il faut donc faire les bons choix parmi les quelques dizaines de fonds ouverts à la commercialisation chaque année.

Pour commencer, il faut sélectionner des sociétés de gestion réputées et actives sur ce secteur depuis de nombreuses années. « Les acteurs les plus sérieux ont systématiquement une activité auprès d’investisseurs institutionnels en parallèle », indique Jean-David Haas, cofondateur et directeur général de la société de gestion Nextstage. Chez ce gestionnaire, les fonds fiscaux représentent moins de 25 % de la collecte. « Nous devons être performants, en misant notamment sur la diversification, c’est une question d’image et de réputation pour l’ensemble de notre activité », poursuit Jean-David Haas.

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