Football : l’UEFA envisage d’« adapter » le fair-play financier « à des temps différents »

Nasser Al-Khelaïfi, le président qatari du Paris-Saint-Germain, au Parc des Princes, à Paris, le 11 août 2021.

L’embauche de l’attaquant argentin Lionel Messi par le PSG – ajoutée à celles de quatre autres joueurs durant l’été – fait grincer quelques dents en Europe. Certains y voient les effets d’un « dopage » financier anticoncurrentiel qu’aucun cadre réglementaire ne freinerait. Notamment le fair-play financier, mécanisme institué en 2010 par l’UEFA, l’instance faîtière du football en Europe, qui vise à empêcher les clubs de dépenser plus qu’ils ne gagnent.

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« Nous respectons les règles du fair-play financier et nous les respecterons toujours, a assuré Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, mercredi 11 août, lors de la première conférence de presse de Lionel Messi. Si on signe Leo, c’est parce qu’on peut le faire. Sinon, on ne l’aurait pas signé. »

En mars, Joan Laporta, lui, en doutait ouvertement. Alors que le PSG avait fait, un peu plus tôt, des appels du pied au sextuple Ballon d’or, le président du FC Barcelone avait déclaré que les dirigeants du club parisien pourraient « peut-être » recruter l’Argentin « s’ils continuent à passer outre aux normes du fair-play financier ».

Possible instauration d’une « luxury tax »

« Ils ont eu des pertes importantes. Je serais curieux de savoir s’ils vont faire fi des règles du fair-play financier pour le recruter. Si ça arrive, j’espère que l’UEFA et la FIFA [la fédération internationale] réagiront avec fermeté et que le Tribunal arbitral du sport [TAS] ne tremblera pas au moment de rendre son verdict », avait ajouté M. Laporta. Ce dernier faisait référence à un jugement du TAS qui, en mars 2019, avait conclu qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre le PSG, alors que la chambre de jugement de l’instance de contrôle financier des clubs, organe dépendant de l’UEFA, voulait réexaminer le dossier du club.

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Cet épisode, ajouté au fait qu’en juillet 2020 le TAS avait donné tort à l’UEFA, qui voulait exclure Manchester City des compétitions pendant deux ans, a conduit l’instance du football à envisager d’« adapter » le fair-play financier « à des temps différents », comme l’a expliqué, mi-juin, son président, Aleksander Ceferin. Il a notamment évoqué la possible instauration d’une « luxury tax » qui serait versée par les clubs dépensant au-delà d’une certaine limite à ceux « qui respectent le fair-play financier ».

Le Monde