« Foundation », « Y, le dernier homme », « Happiness » : trois idées de série

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, trois séries pour trois mondes, et le plus exotique n’est pas forcément celui qu’on croit. Grosse production signée Apple TV+, Foundation marche dans les pas de Game of Thrones. Sur Disney+, Y, le dernier homme imagine un monde sans hommes. Arte confirme ses ambitions en matière de webséries avec Happiness, road trip candide et contemplatif dans l’Iran d’aujourd’hui.

« Foundation » : la série qui se voulait aussi grande que la galaxie

C’est le vide laissé par la fin de Game of Thrones que Foundation aspire de toute évidence à combler. Dans le paysage galactique inspiré du cycle de romans d’Isaac Asimov, on reconnaît des traits de l’univers shakespearien de la saga de George R. R. Martin : l’alternance entre des univers glacés et désertiques, la rivalité entre religions initiatiques et pouvoir temporel, les très jeunes femmes investies de missions écrasantes. Mais, pour le meilleur et pour le pire, Foundation a conservé de son matériau d’origine une austère ambition intellectuelle qui distingue la série de la sensualité parfois racoleuse de Game of Thrones. Il s’agit ici de déterminer ce qui entraîne la chute des empires et des civilisations et le poids des individus face aux courants de l’histoire.

A des années-lumière de distance, Gaal Dornick (Lou Llobell) et Salvor Hardin (Leah Harvey) tentent, à l’insu l’une de l’autre, de porter le projet mégalomane du mathématicien Hari Seldon (Jared Harris) qui a mathématiquement prévu la fin du régime qui règne sur la galaxie et veut atténuer les effets du chaos qui vient. La structure majestueuse du récit menace sans cesse d’écraser les personnages, vaillamment défendus par une confédération de jeunes talents et d’acteurs confirmés, pendant que les effets spéciaux et les séquences guerrières scandent vigoureusement chaque épisode. Une réussite admirable et pourtant pas encore tout à fait enthousiasmante. Mais il reste des siècles pour la mener à bien. Thomas Sotinel

Foundation, série créée par David S. Goyer et Josh Friedman d’après le cycle de romans d’Isaac Asimov, avec Jared Harris, Lee Pace, Lou Llobell, Leah Harvey, Laura Birn (Etats-Unis, 2021, 10 x 55 minutes), sur AppleTV+, les deux premiers épisodes le 24 septembre puis un épisode tous les vendredis.

« Y, le dernier homme » : une moitié d’apocalypse

Il semblerait qu’un mystérieux praticien ait prescrit une dose hebdomadaire d’apocalypse aux spectateurs des plates-formes de streaming. Celle qu’administre Disney+ a été commandée par FX, avant le rachat de sa maison mère, Fox, par la firme aux grandes oreilles. Adapté d’un comic populaire paru il y a bientôt vingt ans, Y, le dernier homme imagine que d’un coup d’un seul, tous les êtres vivants porteurs d’un chromosome mâle sont frappés d’une affection mortelle. Ce qui donne un premier épisode épidémique qui ressemble à se méprendre à – par exemple – celui qui ouvrait The Stand.

Il vous reste 50.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.