France 2030 : près de la moitié des financements doivent servir à « décarboner » l’économie

Protoype City Airbus, un taxi volant électrique, au centre de livraison d’Airbus à Colomiers (Haute-Garonne), le 21 septembre 2021.

Moins, au total, que dans le plan de relance de 100 milliards présenté en septembre 2020, mais plus en proportion, la transition écologique et son corollaire, la « décarbonation » de l’économie, représenteraient quelque 40 % des 30 milliards du plan France 2030 (contre 30 % du plan de relance), présenté mardi 12 octobre par Emmanuel Macron. Le chiffre atteindrait même près de 50 %, annonce l’Elysée, si on y inclut les dépenses prévues pour la formation. Les mesures concernent surtout des secteurs de l’économie fortement émetteurs de gaz à effet de serre, dont la mutation est indispensable pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

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« France 2030 nous projette dans le futur, ce plan prépare la France de demain. En consacrant une très large part à l’écologie, ces investissements visent à ce que d’ici dix ans nous soyons prêts face au défi du siècle, explique au Monde la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili. C’est-à-dire que nous fassions émerger les innovations qui nous permettront de décarboner notre économie et d’accroître notre résilience, tout en renforçant notre souveraineté dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, les métaux, le bois ou les alternatives au plastique. »

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Plusieurs secteurs-clés sont ciblés. Sur la douzaine de milliards d’euros consacrés à cette transition, la part la plus importante, plus d’un quart, sera consacrée à la mobilité. Le secteur aéronautique, fortement émetteur de CO2, verra sa mue encouragée avec un appui à la recherche et développement pour aller vers des vols décarbonés, avec des moteurs électriques ou à hydrogène. Le secteur automobile, qui a déjà reçu un fort soutien avec 8 milliards d’euros d’aides annoncés par Emmanuel Macron en mai 2020, continuera d’être accompagné. « Avec l’objectif européen d’arrêter les ventes de véhicules thermiques en 2035, cela peut être violent pour notre secteur automobile, très centré sur ces véhicules. Il faut donc accélérer la recherche, la mutation », explique-t-on au ministère de la transition écologique. Nouveauté, ce plan comporterait des aides aux sous-traitants des grands constructeurs liés à la construction de moteurs thermiques et directement concernés par les changements de modes de motorisation.

Développer l’hydrogène non polluant

Autre part importante du plan France 2030, le secteur de l’énergie. Près de 2 milliards d’euros sont fléchés pour le développement de l’hydrogène sous sa forme non polluante. Pour l’heure, ce vecteur d’énergie est encore émetteur de dioxyde de carbone, car issu de combustibles fossiles. L’idée serait, désormais, d’installer des électrolyseurs à même de le produire plutôt avec des énergies renouvelables, ou le nucléaire.

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