« France Soir » au cœur d’une nouvelle polémique

« Un procès devra se tenir. La Veuve s’impatiente ». La conclusion de la tribune anonyme intitulée « Covid-19 (diagnostic, traitements, vaccin) : panorama d’une escroquerie » et publiée le 22 août par le site Internet France Soir n’en finit pas de faire des vagues. Les médecins et les scientifiques mis en accusation dans ce texte, qui prétend dénoncer les « scandales » autour du Covid-19, y ont vu un appel à la peine de mort, la Veuve étant l’un des surnoms de la guillotine, tandis que le « procès » semble être une référence au procès des médecins nazis accusés de crime contre l’humanité qui avaient été jugés à Nuremberg.

Décryptage : « FranceSoir », le nouveau repaire des « Covid-sceptiques »

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, France Soir fait ses choux gras des thèses portées par les complotistes et les covido-sceptiques. Mais cette fois, le site a franchi un cap. « Comme d’autres, je suis en train de constituer une plainte pour mise en danger d’autrui et doxxing (publication d’informations personnelles). On va le faire individuellement, puis peut-être en groupe. Ce que l’on craint, c’est un passage à l’acte », indique Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’Union française pour une médecine libre, cité dans la tribune et qui affirme être menacé depuis le début de la crise. « Au début, je dénonçais le manque de masques, on m’adorait. Mais j’ai ensuite dit qu’il fallait les porter, et là je suis devenu un collabo », poursuit celui qui est également en litige avec les covido-sceptiques Francis Lalanne, Jean-Marie Bigard ou les producteurs du film Hold-up.

Retweetée, le 24 août, par Didier Raoult

Visé par cette plainte potentielle, Xavier Azalbert, le directeur de la publication de France Soir, n’a pas répondu au Monde. Mais, face à d’éventuelles représailles judiciaires, il a déjà pris les devants, démentant tout appel à la violence. Un « Post-scriptum » a été ajouté au bas de la tribune controversée : « La covid a comme conséquence de laisser veuves des milliers de femmes dans le monde ». Tandis qu’un édito a assuré qu’« il n’est aucunement question d’appeler à une forme de violence physique ».

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Si la tribune de France Soir a eu un tel retentissement, c’est aussi parce qu’elle a été retweetée, le 24 août, par Didier Raoult, dont les travaux et l’hydroxychloroquine ont été réhabilités dans le texte, à ses 841 000 abonnés. « C’est cela qui est inquiétant. Sans ce tweet, cela ne serait pas allé si loin », précise Hervé Maisonneuve, auteur du blog « Rédaction médicale et scientifique », également mis en accusation par le site.

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