François Crémieux, un ancien casque bleu au chevet des hôpitaux marseillais

Le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, François Crémieux, le 7 juillet, à Marseille.

Nommé, le 3 juin, à la tête de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), François Crémieux n’avait jusqu’alors jamais mis les pieds dans la cité phocéenne. « Juste un passage quand j’avais 6 ou 7 ans, par le hasard d’un bout de vacances », précise-t-il. Curieux manque dans le parcours d’un homme sensible à la question des inégalités sociales.

Moins de quatre mois plus tard, sa méconnaissance des spécificités locales n’a pas empêché le nouveau directeur général des Hôpitaux universitaires de Marseille, 52 ans, de prendre la mesure de sa fonction. En interne, il a géré une quatrième vague de Covid-19 très active dans les Bouches-du-Rhône, jonglant avec les heures supplémentaires sans rogner les congés des soignants. Il a aussi franchi le cap de la vaccination obligatoire sans explosion sociale. A la mi-août, 60 % des 12 000 salariés de l’AP-HM étaient officiellement inscrits dans un parcours vaccinal. Le 15 septembre, leur taux dépassait les 93 %.

La cible des pro-Raoult

A peine arrivé sur le Vieux-Port, François Crémieux a surtout pris à bras-le-corps deux dossiers qui exaspéraient la communauté médicale. Celui de l’anesthésiste Louis Fouché, figure de proue du collectif ReinfoCovid, et celui de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, fief de l’intouchable professeur Raoult. Le premier, à qui le nouveau directeur général a expliqué « la contradiction entre les valeurs qu’il portait et celles de l’AP-HM », a depuis demandé sa mise en disponibilité.

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Le second, dont François Crémieux ne se prive pas de dire que certaines de ses prises de position « nourrissent le discours complotiste », a été rattrapé par la retraite le 31 août et s’est vu refuser toute prolongation de son statut de praticien hospitalier. Vendredi 17 septembre, le conseil des fondateurs de l’IHU a même annoncé le remplacement de Didier Raoult, au 30 juin 2022, à la direction de l’institut qu’il a fondé. La procédure d’un appel d’offres international doit encore être validée par le conseil d’administration le 23 novembre, mais le communiqué commun des fondateurs ressemble déjà à une victoire pour François Crémieux.

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Ce bras de fer lui a valu la haine des pro-Raoult, attisée par les petites phrases du célèbre microbiologiste marseillais l’accusant, sur CNews, le 23 août, d’être venu à Marseille « pour faire le ménage » à la demande du patron de l’Assistance publique parisienne, Martin Hirsch. Le 4 septembre, des antivax ont vandalisé un immeuble pensant que c’était son domicile. Il s’agissait de l’adresse d’un homonyme. « Profondément choqué de voir de la bêtise ajoutée à la bêtise », François Crémieux a déposé plainte, puis boudé le tweet de soutien écrit par Didier Raoult… plus d’une semaine après les faits. « Je m’attendais plutôt à des excuses disant qu’il était navré que ses propos aient été mal interprétés », élude-t-il.

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