« Freaky » inverse les rôles entre la jeune fille et la mort

Vince Vaughn et Kathryn Newton dans « Freaky », de Christopher Landon

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Lorsqu’un genre cinématographique est essoré, il ne lui reste plus, la plupart du temps, qu’à survivre sous une forme parodique ou sur-consciente de soi en fonctionnant sur le commentaire ironique de ses clichés.

Le film d’épouvante à base de tueurs en série (le slasher) est, depuis longtemps, rentré dans cette phase autoréflexive et rigolarde, parfois avec un certain talent (la série des Scream, de Wes Craven). Freaky ne démentira pas ce constat, en proposant un postulat amusant. Une adolescente est agressée par un assassin (dont l’aspect est vaguement calqué sur celui de la série des Vendredi 13).

Potentialités burlesques

A la suite d’un maléfice un peu obscur, l’esprit de la victime et celui du monstre se retrouvent chacun dans le corps de l’autre. La question morale posée par la possibilité de « se mettre à la place de l’autre » est vite éclipsée par les potentialités burlesques d’une telle inversion.

La maladresse timide et efféminée d’un grand gaillard de deux mètres (Vince Vaughn) face à la cruauté d’une frêle jeune fille (Kathryn Newton) constitue les ressorts d’un comique construit sur les troubles d’identité des genres (au sens sexuel, cette fois-ci). Quand la fiction horrifique devient théorique, on s’amuse un peu.

Film américain de Christopher Landon. Avec Vince Vaughn, Kathryn Newton, Celeste O’Connor (1 h 42).