« Frères d’arme » : l’atavisme de la violence

Stanko (Kévin Azaïs) et Emilijan (Vincent Rottiers) dans « Frères d’arme », de Sylvain Labrosse.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Installés à Brest avec leur mère depuis de nombreuses années, deux frères d’origine serbe vivent dans l’attente d’un retour au pays, perspective peu désirable pour l’un d’entre eux, Emilijan, qui ne songe qu’à rester en France avec sa petite amie. A peine sorti de prison, où il purgeait une peine après un meurtre consécutif à un engrenage provoqué par un crime commis par les deux frères alors qu’ils étaient enfants, leur oncle tente tout à la fois de les compromettre dans de louches activités et de préparer un retour au pays.

Premier long-métrage de Sylvain Labrosse, Frères d’arme relève à la fois de la tragédie familiale et du film noir. Dénonçant la force mortifère d’une logique patriarcale et d’une transmission atavique de la violence, il décrit le combat d’un jeune homme luttant contre la fatalité des liens du sang. Le récit se nourrit ainsi d’un suspense (Emilijan va-t-il échapper à sa malédiction ?) rendu crédible par une certaine précision documentaire (le milieu décrit est celui des dockers de Brest) et la conviction des comédiens.

Film français de Sylvain Labrosse. Avec Vincent Rottiers, Kévin Azaïs, Pauline Parigot (1 h 21). www.destinydistribution.com/distribution/freres-d-arme