Garrett M. Graff : « Ce fut une journée tragique,  mais aussi une journée d’espoir »

Des pompiers font une pause, non loin de Ground Zero, le 11 septembre 2001.

Garrett M. Graff, joint au téléphone par « Le Monde des livres », évoque les sources de 11 septembre. Une histoire orale, l’ambition de ce livre et quelques-uns des faits qui l’ont marqué en se plongeant dans le déroulement de cette journée du 11 septembre 2001.

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Après les attentats, le besoin s’est-il très tôt fait jour d’enregistrer et d’archiver les témoignages des survivants ?

De nombreuses institutions ont eu le bon sens de le faire peu après ces attaques, que ce soit au niveau national, comme StoryCorps et le Musée national et Mémorial du 11-Septembre, ou plus localement, à l’instar du FDNY, les pompiers de New York, qui a enregistré les souvenirs de plusieurs centaines de pompiers, d’ambulanciers et d’urgentistes dans le cadre de son rapport après intervention. La plupart de ces documents, cependant, n’avaient jamais été utilisés ni même transcrits sur le papier.

Comment l’expliquer ?

Il a fallu beaucoup de temps pour comprendre toute la portée et l’ampleur de cette tragédie. C’est une histoire qui a frappé tant de personnes dans tant d’endroits à la fois… Je ne les ai pas comptées, mais les scènes décrites dans mon livre doivent se dérouler dans au moins la moitié des Etats des Etats-Unis – et je ne raconte qu’une partie de la journée. Nous en parlons comme un événement qui s’est produit à New York, Washington et Shanksville, mais la vérité est que tout le pays a ressenti la peur et le chaos. Des gratte-ciel ont été évacués à Chicago, Los Angeles, Boston et dans d’innombrables autres villes – même Disney World a fermé ses portes, pour la première fois de son histoire.

Quel était votre objectif,en assemblant ce puzzle panoramique ?

Le livre ambitionne de capturer la manière dont les Américains ont vécu ce jour-là, d’un océan à l’autre. Par souci d’équilibre, j’ai essayé de varier les localisations et de mentionner autant que possible lesagences, entreprises et organisations ayant été affectées ou impliquées dans la réponse aux attaques terroristes.

Pendant vingt ans, notre mantra sur le 11-Septembre a été de « ne jamais oublier ». Même si nous n’oublions pas, je ne suis pas sûr que nous nous en souvenions non plus. Je ne me suis pas intéressé aux faits qui nous sont familiers, plutôt à la manière dont cette journée avait été vécue. Nous ne savions pas quand les attaques avaient commencé, nous ne savions pas quand elles s’achèveraient, nous ne savions même pas combien il y avait eu d’attaques et, pire encore, ce qui allait suivre.

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