Gastronomie : en camping-car, cuisiner autrement

Viens chez moi, je cuisine au camping. Sous l’apparence d’une boutade, d’un plan foireux voire d’un concept oxymorique, la proposition peut tenir ses promesses et bien au-delà, en réservant des surprises insoupçonnées. Les adeptes de l’hôtellerie de plein air sous toutes ses formes le savent bien, qui n’ont pas attendu les vidéos des influenceurs pour trouver du charme aux petits plats issus de la cuisine tout-terrain, même avec trois fois rien.

Portés par la pandémie et la sédentarité prolongée, l’aspiration au grand air, les véhicules dits « de loisirs » séduisent comme jamais : les ventes de fourgons aménagés ou vans ont enregistré un record en 2020 avec 234 000 exemplaires vendus en Europe (+ 12 % sur un an), selon la Fédération européenne du caravaning. Idem pour celles de camping-cars (160 000 exemplaires, + 21 %). Ces compagnons de voyage cumulent les atouts pour les vacanciers épris de liberté, en quête d’un mode de vie plus économe, plus proche de la nature, et d’un minimalisme assumé.

Une démarche qui s’applique aussi à leur façon de s’approvisionner, de s’alimenter, de cuisiner : place à une popote de bouts de ficelle, peu transformée, laissant une part importante à l’inventivité sans condamner ni à une trop grande frugalité ni à la médiocrité du tout-préparé. En résumé, une cuisine simple qui peut tout à fait être saine et variée, pour peu que l’on sache dénicher des petites recettes de derrière les fagots.

Réchaud, barbecue et feu de bois

« Nous sommes tellement habitués à la précision et la fiabilité de nos cuisines modernes que nous nous sentons libérés quand nous réussissons à cuisiner sans contraintes autour du feu », avancent, dans leur introduction, Marnie Hanel et Jen Stevenson, les autrices américaines de La Cuisine du vrai campeur, dont la version française vient de paraître.

L’instrument de cuisson, voilà le nerf de la guerre : les maisons roulantes étant, sauf exception, dépourvues de l’équipement sédentaire ordinaire, ce sont les réchauds à gaz, barbecues compacts au charbon et feux de bois à l’ancienne qui prennent le relais – le plus souvent, une combinaison de deux ou trois d’entre eux. « Avec le complément des papillotes, très utiles pour obtenir un effet cocotte sur le feu, on dispose d’un arsenal suffisant », explique Delphine Lebrun, autrice de Cuisiner en van et en camping. « Pour plus de commodité, on évite cependant les cuissons longues et mijotées et on adapte les temps de cuisson selon la source – plus longs sur un réchaud. »

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