Gaz, électricité, carburants : une hausse tous azimuts

Un employé de Schneider Electric, à Grenoble, le 15 juin 2021.

Si elles peuvent paraître absconses, les fluctuations du marché de l’énergie ont aussi quelque chose de très concret pour le porte-monnaie de chacun, en France, comme à l’étranger. En 2021, les ménages font face à une hausse de leurs factures en électricité, en gaz, et désormais en carburant. La tendance menace de perdurer au premier trimestre 2022. Voire de se transformer en sujet fâcheux pour le gouvernement français, à l’approche de l’élection présidentielle.

Cette augmentation générale des prix de l’énergie s’explique d’abord par le contexte international. Après des mois de récession liée au Covid-19, l’économie est repartie fortement, notamment en Chine. Autre dénominateur commun, le renchérissement des coûts de production pour respecter les normes environnementales.

« Ampleur inédite »

A la rentrée, l’attention s’est surtout portée sur les tarifs réglementés du gaz. Revus chaque mois, ils concernent encore un peu plus d’un quart des 10,7 millions de foyers (chauffage, cuisson, eau chaude) en France. Au 1er septembre, la commission de régulation de l’énergie annonçait une hausse de 8,7 %, après celles de juillet, près de 10 %, et d’août, plus de 5 % – pour une hausse totale, depuis 2015, de 16,7 %. Cette tendance d’« une ampleur inédite » s’observe « dans tous les pays européens et asiatiques », explique la commission de régulation de l’énergie.

Une somme de 100 euros doit être versée à quelque 6 millions de ménages pour les aider à régler leur facture énergétique

L’autorité administrative indépendante évoque un « contexte exceptionnel » pour ce marché spécifique. La relance de l’activité en Asie a entraîné une diminution de l’offre en Europe, les méthaniers préférant livrer à la Chine leur cargaison de gaz naturel liquéfié. En parallèle, le faible niveau des stockages observé en Europe rend le Vieux Continent plus vulnérable aux « problèmes de maintenance ». En août, un incendie dans une usine de Sibérie a affecté le gazoduc Yamal, acheminant le gaz russe en Allemagne. Et que dire de l’arrêt des éoliennes de la mer du Nord, faute de vent, qui a forcé le Royaume-Uni à relancer ses centrales fossiles.

« Cette remontée brutale du gaz risque de continuer encore quelques mois et de poser un problème de pouvoir d’achat, anticipe François Carlier, délégué général de Consommation Logement Cadre de vie, association de consommateur et d’usagers. Le cumul des carburants pour la voiture et du gaz ou du fioul pour le chauffage va vraiment se ressentir à partir de novembre ou décembre. »

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