GB News, chaîne britannique ultraconservatrice qui se vend comme l’anti-BBC

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Publié hier à 03h09, mis à jour à 18h03

Dimanche 20 juin, 15 h 30, à Londres. L’heure d’aller jeter un coup d’œil à GB News, la nouvelle chaîne de télévision, autoproclamée « anti-woke », « anti-politiquement correcte », qui émet au Royaume-Uni depuis le 13 juin. Il s’agit du premier lancement d’importance depuis celui de Sky News, en 1989, dans un secteur encore dominé par la très respectée chaîne du service public BBC. Un événement, donc, dans le paysage politico-médiatique britannique post-Brexit, pas tout à fait post-pandémie.

A l’antenne, Andrew Doyle, journaliste et comédien de stand-up, anime un plateau intitulé « Free Speech Nation » (« la nation de la libre parole »). Le jeune homme interroge avec un débit de mitraillette Debbie Hayton, une personne trans, qui dit avoir eu « trois enfants en tant que mâle, mais pas homme », et considère que l’association Stonewall, défenseuse des droits des LGBTQ+, mise à l’index par le gouvernement de Boris Johnson pour des positions jugées outrées, « ne [la] représente pas ».

Ils échangent sur les féministes qui refusent les trans dans les toilettes des femmes, la question des trans dans les compétitions sportives féminines. On a un peu de mal à suivre tant la connexion Internet de la chaîne est mauvaise. Le studio de GB News reste, malgré tout, reconnaissable, avec sa bibliothèque au fond, le canapé fauve sur lequel s’assoient tous les animateurs (beaucoup d’anciens de la BBC ou de Sky News) et ces néons aux couleurs de l’Union Jack, qui éclairent vaguement les lieux. Car, comme l’a énoncé Andrew Neil, le président et présentateur vedette de la chaîne, « nous sommes fiers d’être britanniques, notre nom [GB comme Great Britain] parle de lui-même. »

Sujets poil à gratter

La nouvelle venue dispose d’un budget de 60 millions de livres sterling (70 millions d’euros), apportés par la société de médias américaine Discovery, le fonds d’investissement de Dubai Legatum Capital et Paul Marshall, un des financeurs de la campagne du Brexit. GB News propose surtout des plateaux de débats et veut « donner une voix à tous ceux qui se sentent exclus ou réduits au silence », a expliqué Andrew Neil lors de la soirée de lancement.

« Nous ne serons pas comme Fox News, qui a poussé un agenda de désinformation conspirationniste. J’ai travaillé trop longtemps et trop dur à me construire une réputation journalistique, pour ne pas la détruire ainsi ! » Andrew Neil, président de GB News

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