Georg Günther, 33 ans, veut se faire un nom sur les terres d’Angela Merkel

Georg Günther et Angela Merkel, sur l’île d’Ummanz, dans le nord-est de l’Allemagne, le 21 septembre.

Après les élections du 26 septembre, Angela Merkel ne se contentera pas de quitter son vaste bureau du 7e étage de la chancellerie, à Berlin. Elle devra également faire ses cartons au Ossenreyerstraße 29, l’adresse de sa permanence d’élue locale, à Stralsund, au bord de la mer Baltique. Ce qui se termine cette année, ce n’est pas seulement le quatrième mandat d’Angela Merkel à la tête du gouvernement allemand, mais aussi son huitième en tant que députée de la circonscription Poméranie-Occidentale-Rügen-Greifswald.

« Georg est tout sauf un parachuté. Il est né ici, il vit ici, il ­travaille ici, il a toujours fait de la politique ici. Sa légitimité est totale et il ne doit rien de particulier à Angela Merkel. » Burkhard Lenz, député (CDU) au parlement régional

Trente et un ans, c’est le temps qui s’est écoulé depuis que l’ancienne porte-parole adjointe du dernier gouvernement de RDA a remporté sa première victoire électorale lors des premières législatives de l’Allemagne réunifiée, en décembre 1990. Trente et un ans, c’est aussi presque l’âge de celui qui devrait lui succéder, dimanche, dans cette vaste circonscription du nord-est de l’Allemagne qui englobe à la fois de vastes étendues agricoles, la ville industrielle de Stralsund et l’île touristique de Rügen. Son nom : Georg Günther.

Candidat de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), ce fils d’électricien âgé de 33 ans, qui travaille au service financier de la ville de Stralsund, est a priori le favori de ce scrutin à un tour. Depuis 1990, Angela Merkel l’a toujours emporté confortablement, faisant au pire 37,3 % (en 1998), au mieux 56,2 % (en 2013).

« Elle c’est elle, moi c’est moi »

Cet héritage, le candidat l’assume, mais jusqu’à un certain point. « Bien sûr que c’est pour moi un très grand honneur d’avoir été désigné pour succéder à une telle personnalité : chancelière pendant seize ans, députée pendant trente et un ans, évidemment que c’est impressionnant. Mais, aujourd’hui, je fais campagne par moi-même. Je m’appelle Georg Günther, pas Angela Merkel. »

« Elle c’est elle, moi c’est moi. » Le jeune homme ne le dit pas aussi directement, mais c’est bien l’idée. A regarder son parcours, c’est d’ailleurs tout à fait compréhensible. Entré en 2007 à la Junge Union, l’organisation de jeunesse de la CDU, il y a gravi les échelons comme un militant classique et appliqué, devenant en 2018 son président à l’échelle du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

De sorte que lorsque Angela Merkel a annoncé qu’elle ne se représenterait pas pour un neuvième mandat, son nom s’est imposé naturellement, la Junge Union ayant toujours servi de vivier pour les futurs cadres de la CDU. Sa désignation elle-même a été faite parfaitement dans les règles : seul candidat à la candidature, il a obtenu 106 voix sur 117, en février, lors du vote d’investiture organisé par sa section. Un scrutin pour lequel Angela Merkel n’était pas présente.

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