GFG Alliance évite la faillite mais disparaît presque de France

Sanjeev Gupta, à Dunkerque, en 2019.

A la surprise générale, GFG Alliance, le conglomérat sidérurgique de l’Indo-Britannique Sanjeev Gupta, semble parvenir à éviter la faillite. Cette nébuleuse d’entreprises est dans la tourmente depuis que Greensill, son principal créditeur, a déposé en mars le bilan, dévoilant que GFG lui devait 5 milliards de dollars.

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Bâtis en sept ans par le rachat d’usines souvent jugées peu rentables, de l’Australie aux Etats-Unis, en passant par la République tchèque et la Pologne, l’empire de M. Gupta, connu pour son fonctionnement opaque, s’est retrouvé privé de sa principale source de liquidité. Et se débat depuis pour survivre. Or dans un communiqué, publié dimanche 10 octobre, GFG a fait part d’une étape vitale dans sa reconstruction : un accord pour restructurer sa dette en Australie avec Greensill et Crédit suisse et la réinjection de 50 millions de livres dans ses usines britanniques. L’annonce, qui détaille les opérations dans le reste du monde, contient en creux un aveu : il n’y a pas un mot sur la France.

Dernier actif emblématique

Il y a encore six mois, GFG Alliance y était pourtant un acteur important, ses sociétés Liberty et Alvance y employant plus de 2 000 personnes. Aujourd’hui, il y compte dix fois moins de salariés. La prise de contrôle par le fonds d’investissement American Industrial Partners (AIP) d’Aluminium Dunkerque, le 1er octobre, l’a dépossédé de son dernier actif emblématique dans l’Hexagone. AIP, qui avait racheté au printemps une partie de la dette de cette fonderie, avance que GFG a fait défaut. Ce que ce dernier va contester en justice, dénonçant une « tentative cynique et prédatrice » d’acquérir l’entreprise « au rabais ».

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En août, c’est dans le cadre d’une procédure amiable cette fois que le groupe sidérurgique allemand Saarstahl a racheté à GFG l’aciérie Ascoval (Nord), et son principal client France Rail Industry (Moselle). Une cession poussée par Bercy, qui avait dû prêter 20 millions d’euros pour payer fournisseurs et salaires.

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GFG a également perdu le contrôle de ses fonderies automobiles dans la Vienne et l’Indre. Placées en redressement judiciaire, deux sont gérées par des administrateurs judiciaires, et la troisième, Liberty Poitou, a fermé en juillet. Ainsi, le groupe de M. Gupta ne conserve en France que les trois sites du carrossier Durisotti (250 salariés).

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L’annonce par GFG de la restructuration de sa dette, qui contient un « paiement substantiel » à Crédit suisse et aux administrateurs de Greensill, en dit long sur l’ampleur de ses difficultés. Faute de trésorerie, les hauts-fourneaux de Rotherham, en Angleterre, étaient à l’arrêt depuis des mois. L’usine va enfin pouvoir redémarrer.