« Goldorak », de ­Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac et Guillo : made in France

Une planche de « Goldorak », de ­Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac  et Guillo.

« Goldorak », de Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, d’après l’œuvre de Go Nagai, Kana, 168 p., 24,90 €. En librairie le 15 octobre.

Sur le papier, le projet avait tout du pari fou : convaincre les ayants droit japonais de son créateur de ­redonner vie à Goldorakdans un ­album de bande dessinée réalisé en France. Il a été remporté par une bande d’auteurs tricolores, doux dingues accrochés à leurs rêves d’enfants. Nostalgiques de la série animée narrant les ­combats du robot géant contre d’autres, les golgoths, venus envahir la Terre, diffusée dans l’émission « Récré A2 » à la fin des années 1970, ils sont les premiers à reprendre ce personnage mythique, créé par le mangaka Go Nagai au milieu des années 1970 et ­curieusement laissé en friche depuis quarante ans.

« Une idée en l’air »

L’histoire commence en 2016. Lors du Festival d’Angoulême, ­Xavier Dorisgon, scénariste à succès né en 1972 (Le Troisième Testament, Undertaker…), dit son envie d’adapter Goldorak à Christel Hoolans, alors directrice générale de Kana, le label manga du groupe Dargaud. « C’était un peu une idée en l’air. Mais Christel me répond qu’elle part au Japon un mois plus tard et propose d’essayer d’obtenir les droits… », raconte Xavier Dorison au « Monde des livres ». A ­Angoulême se trouve aussi son ami Denis Bajram, dessinateur de deux ans son aîné, ponte français du space opera (Cryozone, Universal War One…) : « Je lui en parle, poursuit le scénariste, car je sais qu’il est un fan absolu de Goldorak, et il me dit qu’il veut en être. A partir de là, c’était parti ! »

En quelques semaines, les deux compères montent un dossier pour convaincre Dynamic Planning, le studio qui gère les droits de Go Nagai, aujourd’hui âgé de 76 ans, de leur confier le personnage pour un album. « Franchement, on n’y croyait pas trop. Mais comme on ne voulait pas avoir de regrets, on a mis le paquet », se souvient Denis Bajram. Outre un story-board, des dizaines de croquis et deux planches d’essais, le dessinateur réalise une intrigante couverture montrant l’un des « fulguro-poings » de Goldorak échoué dans un lac. Quinze jours plus tard, les Japonais donnent leur feu vert. « On a senti qu’ils avaient confiance dans l’ambition du projet, qu’on allait respecter ­l’esprit de la série. Ils ont dit oui à tout », se réjouit encore Denis ­Bajram.

Lire aussi (2013) : Goldorak, héraut du manga

Dès le départ, les auteurs écartent l’idée d’un « reboot » (« un ­recommencement »), comme les américains DC Comics et Marvel l’ont fait avec Batman ou Spiderman, et décident de placer leur histoire dix ans après le dernier épisode de la série animée, lorsque Actarus, après avoir vaincu les forces de Véga, quittait la Terre pour rejoindre sa planète, Euphor. « Cette fin a engendré une frustration terrible chez les gamins que nous étions. L’idée d’une suite s’est imposée naturellement », assure Bajram. « On avait envie d’ajouter une pierre à l’édifice, pas d’être en compétition avec la série ori­ginelle », ajoute Dorison, qui revendique ce geste comme « un vrai projet d’auteurs ».

Il vous reste 59.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.