Google et YouTube prennent des mesures pour lutter contre la désinformation climatique

Google et YouTube ont durci leur règlement, jeudi 8 octobre, contre les publicités et les contenus qui nient le réchauffement climatique et ses causes.

Le numéro un de la publicité numérique et son service de vidéos interdisent désormais les publicités et la monétisation des contenus qui « contredisent le consensus scientifique bien établi autour de l’existence et des causes du changement climatique », indique une mise à jour des règles pour les annonceurs.

La plateforme n’interdit donc pas seulement les pubs trompeuses ou mensongères, elle empêche aussi les créateurs de contenus de la mouvance climatosceptique de récolter des recettes publicitaires.

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« Les annonceurs ne veulent tout simplement pas que leurs pubs apparaissent à côté de ce genre de contenus. Et les éditeurs et créateurs ne veulent pas d’annonces qui font valoir ces affirmations sur leurs pages ou vidéos », justifie Google.

Le règlement s’applique aux messages qui définissent le changement climatique comme une affabulation ou une arnaque, ceux qui nient que le climat est en train de se réchauffer sur le long terme ou que les émissions de gaz à effet de serre et l’activité humaine contribuent à cette réalité.

YouTube accusé par le passé

Le groupe californien restreint déjà la publicité adossée à certains sujets sensibles, comme des vidéos sur les armes à feu ou des événements tragiques. YouTube avait aussi récemment pris des mesures pour limiter la prolifération de vidéos antivaccins. Mais la négation du changement climatique ne faisait pas partie des contenus visés jusqu’à présent.

Son voisin Facebook, qui le talonne sur le marché de la pub en ligne, communique régulièrement sur ses efforts pour enrayer la désinformation climatique, mais n’a pas de telle interdiction en place sur ce sujet.

Le géant des réseaux sociaux, qui répète à l’envi ne pas vouloir devenir un arbitre de la vérité, privilégie la mise en avant des faits scientifiques indiscutables via une section consacrée à l’environnement.

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Les plateformes sont régulièrement accusées de favoriser les contenus qui suscitent des réactions émotionnelles fortes, pour susciter plus de trafic à convertir en recettes publicitaires.

En janvier 2020, une ONG américaine, Avaaz, avait accusé YouTube d’orienter des millions d’usagers vers des vidéos niant le changement climatique. La plate-forme avait alors répondu qu’elle faisait son maximum pour réduire le nombre de contenus problématiques, tout en précisant qu’elle ne censurerait pas ceux qui n’enfreignaient pas ses règles.

YouTube a atteint cet été les 2 milliards de spectateurs mensuels dans le monde, soit 64 % de l’audience pour les vidéos en ligne, selon le cabinet eMarketer.

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Le Monde avec AFP