Gregory Porter reprend ses classiques et ses duos dans « Still Rising »

Gregory Porter, à Los Angeles, en juin 2021.

Grande voix du jazz, Gregory Porter aime s’effacer devant ses musiciens. Ainsi, le 21 octobre à la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le chanteur à la taille imposante se met en retrait pendant que son pianiste, son batteur et son organiste proposent leur interprétation d’un de ses plus grands classiques, No Love Dying.

L’artiste, récompensé trois fois par le Grammy Award du meilleur album de jazz vocal – en 2011 pour Water, en 2014 pour Liquid Spirit et en 2017 pour Take Me to the Alley –, reprend sa tournée là où il l’avait arrêtée en mars 2020 : « Comme tous, déclare-t-il au public, j’ai vécu des moments très difficiles ces dix-huit derniers mois : j’ai perdu mon frère. Cette chanson lui est dédiée. J’espère que le restant de ma vie restera obsédé par l’amour»

Alors qu’il fête son cinquantième anniversaire, Gregory Porter publie un double CD, Still Rising, qui retrace sa carrière dans un premier disque puis qui collecte dans un deuxième tous ses duos enregistrés au cours de ses vingt dernières années. Rencontré la veille de son concert parisien, le chanteur dresse le bilan :

« Cela nous est arrivé à tous pendant l’épidémie de nous poser cette question : “Qu’avons-nous accompli jusque-là ? ” La menace de la mort nous oblige à faire le point : si je meurs aujourd’hui, qu’est-ce que je laisse ? Selon moi, j’ai réussi à démontrer dans mes chansons que ce n’était pas une faiblesse que de rechercher l’amour. C’est même le contraire, c’est une force. »

Puis il précise, pour une partie de son public qui apprécie particulièrement des morceaux comme Hey Laura ou Mister Holland : « J’ai beaucoup de fans masculins qui me remercient d’exprimer dans mes chansons ce qu’ils ne peuvent pas dire dans leur vie parce qu’on leur demande toujours de rester forts. » Il se dit fier d’avoir montré qu’un homme avait aussi le droit d’être vulnérable.

Morceaux intimes

Cette sensibilité, il la doit à sa mère, pasteur, infirmière et entrepreneuse dans l’immobilier. Une figure tutélaire à qui il avait consacré la chanson Liquid Spirit, souvenir d’un sermon qu’elle donnait à la maison et à l’église et présente sur le premier CD de Still Rising : « Ma mère, affirme Gregory Porter, était une femme charismatique, très attentionnée, qui montrait à chacun de ses huit enfants qu’elle avait du temps pour chacun d’entre eux. Elle avait deux jobs, et je n’ai jamais eu l’impression qu’elle était très absente. Elle nous donnait le sentiment que nous étions uniques. Nous avons découvert après sa mort qu’elle avait dit à chacun d’entre nous qu’il était son enfant préféré mais qu’il fallait le garder secret pour ne pas fâcher les autres. »

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