Grève aux aéroports de Paris : des responsables syndicaux interpellés à Orly

Les trois syndicats représentatifs de Groupe ADP ont déposé des préavis de grève pour vendredi et samedi.

Des responsables des syndicats CFE-CGC, CGT et UNSA de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), gestionnaire des aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, ont été interpellés, vendredi 9 juillet, en fin de matinée à Orly, pendant une manifestation de salariés en grève, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources syndicales. Une source aéroportuaire a confirmé l’interpellation de manifestants par les forces de l’ordre à Orly. Le trafic aérien était normal à la mi-journée à Orly et quasi normal à Roissy, a précisé la direction de Groupe ADP.

Véronique Pigueron, présidente de la CFE-CGC d’ADP, a déclaré par téléphone à l’AFP avoir été « interpellée par la police, avec la responsable CGT à Orly, Isabelle Bigand ». « Je suis au poste de police avec Mme Bigand », a-t-elle précisé plus tard par texto.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Jusqu’à 30 000 emplois pourraient disparaître à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle

Laurent Garssine, secrétaire général de l’UNSA chez ADP, a lui aussi annoncé par téléphone à l’AFP son interpellation par la police « avec deux responsables de la délégation CGT ». « On est pacifiques. On faisait un sit-in sur la route et on a été interpellés parce qu’on n’avait pas de pièce d’identité », a-t-il détaillé. M. Garssine a dit avoir téléphoné au PDG de Groupe ADP, Augustin de Romanet, pour lui « faire part des répressions ».

Ces interpellations ont fait réagir sur Twitter les responsables nationaux de la CFE-CGC et de l’UNSA. Le secrétaire général de l’UNSA, Laurent Escure, a qualifié l’interpellation de manifestants d’« intolérable ». « La direction d’#ADP fait interpeller les [représentants] syndicaux », a déploré le président de la CFE-CGC, François Hommeril. « Mais que fait l’actionnaire principal (l’Etat) pour mettre fin à cet enfer social ? », a-t-il ajouté.

Gaz lacrymogène

A Roissy, selon des images vidéo amateur envoyées à l’AFP, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour repousser des manifestants qui déambulaient sur les voies routières d’accès à l’aéroport. La direction de Groupe ADP a dit vers midi à l’AFP qu’« une réunion de point de situation » était « proposée ce jour à 15 heures » aux syndicats. La réunion de négociations prévue lundi matin est maintenue, a précisé la direction.

Lire aussi Plusieurs centaines de salariés d’Aéroports de Paris manifestent contre un projet impliquant des baisses de salaire

Les grévistes réclament le retrait d’un plan d’adaptation des contrats de travail (PACT), qui prévoit une baisse ou une suppression de primes. En cas de refus, les salariés risquent un licenciement dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

Les trois syndicats représentatifs de Groupe ADP ont déposé des préavis de grève pour vendredi et samedi. « Le mot d’ordre, c’est toujours le retrait du projet PACT », avait déclaré M. Garssine jeudi soir à l’issue d’une réunion entre les syndicats et la direction. Cette réunion s’était terminée sans « aucune avancée », selon Frédéric Lecocq, délégué syndical CGT.

Lire l’entretien avec Augustin de Romanet, PDG de Groupe ADP « Tout ne va pas redémarrer comme avant »

Le Monde avec AFP