Grève dans les aéroports de Paris : 200 manifestants, pas de vols retardés

Plusieurs salariés de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) participent au mouvement de grève à l’aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle, le 2 juillet 2021.

En ce deuxième jour de mobilisation, samedi 3 juillet, la grève des employés de Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), gestionnaire des aéroports de Roissy – Charles-de-Gaulle et Orly, n’a pas eu d’impact sur les vols, selon l’Agence France-Presse (AFP). Encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants n’ont pas perturbé le trafic aérien, a constaté l’AFP. La veille, la contestation avait entraîné des retards de vol, environ 500 manifestants ayant bloqué des voyageurs à Roissy, puis gêné la circulation.

Trois organisations – l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), la Confédération générale du travail (CGT) et la Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres (CFE-CGC) – appellent à la grève jusqu’à lundi pour obtenir le retrait d’un plan d’adaptation des contrats de travail (PACT) qui prévoit une baisse ou une suppression des primes. En cas de refus, les salariés risquent un licenciement.

Les négociations entre la direction et les organisations syndicales ont été suspendues et doivent rependre lundi. L’UNSA a par ailleurs déposé un nouveau préavis de grève pour le 9 juillet.

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Plusieurs grévistes verbalisés

Samedi matin, une centaine de salariés ont manifesté dans le calme dans les parkings du terminal 2E de l’aéroport de Roissy, au son d’une fanfare et étroitement encadrés par des policiers. Ils attendaient d’être rejoints par une autre centaine de manifestants rassemblés ailleurs. Plusieurs d’entre eux ont toutefois été verbalisés pour « entrave au fonctionnement de l’aéroport » et « présence non motivée en aéroport », à la suite d’un arrêté préfectoral. Ils se sont vu infliger 135 euros d’amende. « C’est ça les moyens de la direction de dialoguer socialement. C’est du fichage et de l’intimidation, on va contester », a fustigé Yoan S., 43 ans, dont quinze ans chez les pompiers d’ADP.

Les membres de la direction « nous font passer pour des privilégiés. J’ai 1 680 euros de traitement de base, donc les primes, c’est notre salaire », a ajouté Yoan S., qui refuse de perdre jusqu’à « 300 euros » par mois. A l’aéroport d’Orly, quelques dizaines de salariés se sont réunis pour une assemblée générale.

De son côté, la direction assure que le PACT est nécessaire pour faire des économies, alors que la pandémie a plombé l’activité de Groupe ADP, majoritairement détenu par l’Etat. Un accord de rupture conventionnelle collective a déjà été signé en décembre, prévoyant 1 150 départs de salariés en 2021, dont 700 ne seront pas remplacés.

Même si le trafic aérien reprend de la vigueur à Roissy et Orly avec les départs en vacances, il reste très inférieur à son niveau d’avant la crise, avec 100 000 passagers par jour, contre 200 000 auparavant.

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Le Monde avec AFP