Gucci et Bottega Veneta à la conquête de l’ouest

Gucci.

« Maman était assistante dans une entreprise de production, dans le secteur du cinéma. Je me souviens de toutes les histoires qu’elle me racontait sur cette usine à rêves, les anecdotes, les paillettes. La pâleur d’albâtre et la voix diaphane de Marilyn Monroe, les gants en satin noir de Rita Hayworth, la chevelure de velours de Veronica Lake, le charme ensorcelant de Rock Hudson et cette aptitude vertigineuse qu’avait Kim Novak à se transformer. On aurait dit un conte de fées », explique Alessandro Michele, directeur artistique de Gucci, à propos de sa collection baptisée « Love Parade », et présentée sur le mythique Hollywood Boulevard de Los Angeles, le 2 novembre.

Depuis Paris, les amis de la maison – parmi lesquels les chanteuses Clara Luciani et Louane – et les journalistes ont été invités à assister à une projection du défilé, dans un cinéma de Saint-Germain-des-Prés, le 3 novembre au matin. Sur le grand écran, on aperçoit, assises sur des chaises de cinéma, Serena Williams en grande discussion avec Diane Keaton, ou bien encore Gwyneth Paltrow, habillée d’une réédition d’un costume rouge Gucci époque Tom Ford.

La collection unisexe, qui ne répond à aucune saisonnalité – la maison ayant fait le choix de s’affranchir du calendrier officiel et de ne présenter plus que deux lignes par an –, est truffée de pièces flamboyantes. Elle convoque l’âge d’or d’Hollywood, avec une bonne dose d’esprit bohème et arty, adage que Michele maîtrise sur le bout des doigts : grandes robes fourreaux avec manches en dentelles, costumes cintrés portés avec des nœuds papillon, manteaux en (fausse) fourrure rouge ou bleue éclatants, bas apparents se dévoilant sous des jupes fendues portées avec des petits blousons zippés, chemises et blousons à l’imprimé palmier, kilomètres de sequins brodés le long de grandes robes du soir… L’esprit est glamour et agrémenté d’accessoires bien pensés : longs gants, lunettes de soleil XXL, bijoux brillants dans les cheveux, petits sacs à mains dotés de chaînes.

Gucci.
Gucci.

Hybride et désirable

C’est également aux Etats-Unis que le Britannique Daniel Lee, directeur artistique de la maison italienne Bottega Veneta, a présenté sa dernière collection, « Salon 03 », le 21 octobre. Direction Detroit, au sein du Michigan Theatre, ancien cinéma transformé en parking automobile au milieu des années 1970. La marque s’est également éloignée des saisons imposées par les calendriers officiels des fashion weeks, et présente désormais ses collections dans différentes villes. Les deux précédents défilés ont été dévoilés à Londres et Berlin.

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Sur le podium, Daniel Lee a invoqué l’esprit sporty et utilitaire de la mode américaine, qu’il a savamment mixé avec une dose de pièces glamour, taillées dans des matières techniques. Des parkas zippées et gonflées accompagnent des petites robes portées près du corps, des vestes en jean extra-larges sont ponctuées de paillettes, les pantalons sont portés hauts sur les hanches et accompagnés de baskets imposantes. On retrouve des jupes de patineuses avec des pulls amples ou bien encore de très courtes robes aux manches asymétriques. Les accessoires, nerf de la guerre du monde du luxe, frappent juste : sacs cocons façonnés dans un vert éclatant, escarpins dotés d’une semelle à crampons, boucle d’oreille façon étoile de mer… l’esprit est hybride et désirable.

Inspiré par le bouillonnement créatif de Detroit, Daniel Lee s’est de plus associé à de nombreux artistes locaux pour imaginer un lieu hétéroclite baptisé « Bottega Firehouse » – on y trouve un disquaire, une librairie, du mobilier, un espace d’exposition –, ouvert au public jusqu’au 16 janvier 2022.

Bottega Veneta.
Bottega Veneta.
Bottega Veneta.