Guillaume Sultana, de la foire off à la galerie Eiffel de la FIAC

« The Mauve Hour VII«   (2021) de Paul Maheke.

Quelle rentrée ! Une semaine à Bâle pour la foire Liste, une semaine à Londres pour Frieze, et ça enchaîne dans la foulée avec la FIAC, sa toute première FIAC : ces dernières semaines, Guillaume Sultana n’a guère franchi la porte de sa galerie de Belleville. C’est « un peu fou » question logistique, reconnaît-il, mais le succès est au rendez-vous : « On sent chez les collectionneurs une avidité après ces mois de diète, mais aussi un sincère bonheur de pouvoir échanger à nouveau. »

Besoin qu’il a bien cerné depuis qu’il a monté au printemps, sur un coup de tête, une annexe arlésienne baptisée Sultana Summer Set, au sein d’un appartement qu’il pensait tout d’abord réserver à ses villégiatures : « C’était un vrai défilé de professionnels tout l’été, et on sentait le bonheur des gens de se retrouver de façon conviviale, informelle. »

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Les foires d’art contemporain, Sultana en a arpenté des dizaines, en galeriste ou en collectionneur, depuis qu’il a décidé de quitter le monde des institutions culturelles pour promouvoir les artistes sur le marché. Mais cette FIAC 2021 est un peu à part : après y avoir fait une apparition en 2010, c’est le signe d’une entrée dans la cour des grands pour celui qui avait lancé avec quelques collègues, il y a six ans, la foire off Paris internationale. Il quitte ce rendez-vous de la hype internationale de l’art contemporain avec un pincement de cœur, mais sans appréhension : « J’avais l’impression de tourner un peu rond, je n’avais plus grand-chose à attendre : les curateurs d’exposition rencontrés grâce à Paris internationale semblent acquis à la galerie. Et puis il faut laisser la place aux plus jeunes ! » Ses artistes l’ont aussi poussé à franchir le pas : « Nous savons que nous avons besoin de rencontrer de nouveaux clients, de faire de nouveaux contacts. » En cinq ans, la galerie a grandi, son succès s’est accru, ses besoins ont changé : pour preuve, la Frieze Art Fair vient de l’intégrer dans sa « section générale », réservée aux galeries confirmées.

Carte blanche

Pour l’attirer à son tour dans ses filets, Jennifer Flay a déroulé le tapis rouge : la directrice de la FIAC sait combien l’événement qu’elle orchestre a besoin de sang neuf. Dans le cadre de son « hors les murs », elle lui a proposé carte blanche au Musée Delacroix pour l’un de ses artistes qui a le vent en poupe, le tout jeune peintre Jean Claracq. « Je me suis senti très honoré, alors que je débarque tout juste à la FIAC. Mais c’est vrai que son art marche très bien en dialogue avec l’art ancien. »

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