« Hamishim » et « Mr. Corman » : la solitude en deux séries

« Hamishim », série créée par Yael Hedaya.

LA LISTE DE LA MATINALE

L’été tarit le flot des séries et les deux nouveautés que nous vous proposons cette semaine ont en commun la solitude de leurs protagonistes, que l’une traîne du côté de Tel-Aviv, pendant que l’autre essaie de trouver un sens à sa vie aux abords de Los Angeles. Aussi amers et justes que soient ces portraits, Hamishim et Mr. Corman restent des comédies. Et si l’on préfère rester en terrain connu, on pourra se servir du podcast Culture Séries comme précis pour réviser quelques succès récents, de The Mandalorian à Hippocrate.

« Hamishim » : femme au bord de la cinquantaine

Alona a bientôt 50 ans et ne fait pas semblant de bien le vivre. Veuve, maltraitée par trois enfants odieux, elle a écrit un projet de série qui ne trouve pas de producteur, et n’a pas fait l’amour depuis sept ans. Sur ses épaules, déjà bien chargées, pèse également la responsabilité de son père âgé, atteint de démence. Tout, autour d’elle, semble la ramener à son âge, lui intime l’ordre cruel de se retirer du monde.

Une grande partie de l’intérêt de Hamishim (« Cinquante ») réside dans la mise en abyme à laquelle se livre la série créée par l’autrice et scénariste israélienne Yael Hedaya. De Better Things à On the Verge (série créée par Julie Delpy, visible à la rentrée sur Canal+), les séries mettant en scène des femmes dont l’âge tourne autour du demi-siècle viennent la plupart du temps combler un manque de représentation à l’écran, un désintérêt institutionnalisé de la fiction pour ce type de personnages et les problématiques qui lui sont attachées. Hamishim ne se démarque pas tout à fait du tout-venant de ce type de séries introspectives, si ce n’est pour ce ton doux-amer, ni drôle ni grave, qui nimbe cette saison d’une atmosphère originale, un brin piquante. Audrey Fournier

Hamishim, série créée par Yael Hedaya. Avec Ilanit Ben-Yaakov, Hila Abramovitch, Yonathan Wachs, Alma Brown (Israël, 2019, 8 x 25 min). A la demande sur Arte.tv

« Mr. Corman » : l’instituteur qui aurait voulu être une rock star

Normalement, un générique déroule des noms. Pendant la première minute de celui de Mr. Corman, il n’y en a qu’un, celui de Joseph Gordon-Levitt, créateur, interprète du rôle-titre, scénariste, réalisateur (de huit épisodes sur les dix que compte cette saison), producteur et coauteur des chansons. Tout ce déploiement d’industrie et de talent pour raconter quelques mois dans la vie d’un instituteur célibataire qui exerce dans une école de la San Fernando Valley. Il faudra passer les deux premiers épisodes (par ailleurs excellemment interprétés et réalisés avec inventivité) pour deviner les contours de l’entreprise.

Il vous reste 49.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.