Haroun, Nora Hamzawi, Alex Vizorek, Bérengère Krief… Un automne de rire

LA LISTE DE LA MATINALE

Cet automne, dans les salles de spectacle, les occasions de rire ne manquent pas. Stand-up, one man show ou one woman show, voici une sélection de rendez-vous pour fuir la morosité et gamberger sur notre époque.

Haroun dans « Seul(s) »

Dans ses spectacles, Haroun utilise l’humour pour prôner la nuance et la gamberge.

C’est toujours un plaisir d’écouter les réflexions d’Haroun. Cette drôle de période postconfinée, hyperconnectée et au bord du précipice climatique offre à ce singulier stand-upper un immense terrain de jeu. A tel point que pour son nouveau spectacle, Seul(s), il a choisi de se dédoubler.

Il y a le Haroun qu’on connaît, qui ne se départ pas de son flegme pour s’interroger sur l’avenir incertain de notre société et le sens de nos vies (« Pendant le confinement, j’ai cru au grand effondrement. En voyant les gens se ruer sur l’achat de PQ, j’ai pensé qu’il était temps qu’on s’en aille. ») Et puis il y a la part d’ombre, le Haroun assis sur un haut tabouret, cynique, désabusé et désinvolte, parce qu’« on a tous un petit connard en nous ». Un mauvais génie qui a des drôles de pensées, qui se ment à lui-même par facilité, se complaît dans une spirale négative. Le garçon est toujours aussi malin, pertinent. Armé d’un texte très travaillé, il utilise l’humour pour prôner la nuance et la gamberge. Un régal.

« Seul(s) », de et avec Haroun, mise en scène Thierno Thioune. Jusqu’au 24 octobre au Théâtre Edouard-VII, à Paris, puis en tournée (le 5 novembre à Saint-Etienne, le 6 novembre à Lyon, le 17 décembre au Mans, etc.).

Nora Hamzawi dans « Nouveau spectacle »

L’humoriste nous raconte des histoires de filles qui ont passé la trentaine, sont devenues mères mais ont du mal avec l’âge adulte.

On ne se lasse pas d’écouter Nora Hamzawi. En jean, marinière et baskets, avec un débit de mitraillette, cette humoriste nous raconte des histoires de nanas qui ont passé la trentaine, sont devenues mères mais ont du mal avec l’âge adulte et perdent (beaucoup) de temps sur Instagram. On aime son autodérision, son personnage de jeune femme de mauvaise foi et sa capacité à nous livrer sans détour ses complexes.

Lire « Un apéro avec… » Nora Hamzawi (en 2019) : Article réservé à nos abonnés « Rien ne m’angoisse plus que quelqu’un qui va toujours bien »

Nora Hamzawi n’est pas seulement une fille drôle mais c’est aussi une plume. Pendant le confinement, elle avait partagé, pendant une heure sur France Inter, ses émotions, ses réflexions et ses angoisses sur cette période de solitude et d’isolement. Une sorte de spectacle radiophonique qui s’appelait Public imaginaire, dans les coulisses de ma tête. Une réussite. Le texte vient de paraître aux éditions Actes Sud (72 pages, 9,50 euros) et c’est mérité. Nora Hamzawi, une artiste à voir et à lire.

« Nouveau spectacle » de et avec Nora Hamzawi au théâtre Le République à Paris jusqu’à fin décembre, en tournée et au Casino de Paris les 25 et 26 janvier 2022.

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