Hausse des prix des carburants : à Dijon, le ressentiment des automobilistes

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Publié aujourd’hui à 18h08, mis à jour à 18h16

Il est 18 heures passées, une file ininterrompue de voitures sature la rue de Cracovie, au nord de Dijon. Les coups de klaxons traduisent l’impatience des automobilistes qui, pour beaucoup, finissent leur journée. Certains, pourtant, vont rallonger leur temps de trajet en s’insérant dans la longue file d’accès à la station-service du Leclerc qui borde la route, où patientent déjà plusieurs dizaines de véhicules. Les prix des carburants, à en croire les applications qui proposent de les comparer, sont ici parmi les plus bas de la métropole dijonnaise : 1,516 le litre de gazole, 1,571 pour le sans plomb 95.

Mais cela n’efface en rien l’air soucieux d’Aurore lorsque arrive son tour. Le pistolet à la main, elle ne quitte pas des yeux l’écran qui décompte les litres de gazole et fait défiler les euros. Une grimace se dessine sur son visage à mesure que les seconds distancent les premiers. En général, explique-t-elle, elle ne fait pas un plein entier car « psychologiquement, ça passe mieux ». Pour cette fois, elle paiera 84,27 euros pour 55,59 litres, qui devraient lui tenir une semaine. « Ça pique ! Et c’est de pire en pire », commente sobrement cette secrétaire comptable de 35 ans en remontant dans son Renault Scenic.

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La jeune femme n’a pas d’autre option : elle vit 35 kilomètres de Dijon, où elle travaille, et fait les allers-retours tous les jours. A la fin du mois, ce sont plusieurs centaines d’euros qui pèsent sur ses 2 000 euros de salaire. « Trop pour avoir des aides, trop peu pour avoir une qualité de vie correcte », résume-t-elle dans un sourire las.

Pour Aurore, 32 ans, secrétaire comptable, à la fin du mois, ce sont plusieurs centaines d’euros qui pèsent sur ses 2 000 euros de salaire. Dans la station-service Leclerc, à Dijon, le 19 octobre.

Yassir, 40 ans, n’a pas le choix non plus. Non pas qu’il vive loin : il habite sur Dijon et travaille à son compte dans la livraison de produits d’entretien dans la métropole. Mais sa voiture est son outil de travail, et elle lui coûte désormais deux plein d’essence par semaine, à « 70-80 euros » par passage à la pompe. « Avec les prix qui ne s’arrêtent plus de monter, ça devient chaud à la fin du mois ! », regrette-t-il, au volant de sa voiture. Il vit à vingt-cinq minutes de là mais est venu exprès dans cette station-service, pour ses tarifs. « Si je vais à la station à côté de chez moi, ça me coûte presque 1,80 euro le litre ! J’ai calculé qu’il valait de toute façon mieux rouler jusqu’ici pour faire le plein que de le faire là-bas », explique-t-il.

La semaine du 5 octobre, le prix moyen du gazole a dépassé son record, et continue, comme celui de l’essence, à augmenter. En deux mois, il s’est élevé de plus de 13 centimes, soit 6 à 7 euros pour un plein comme celui d’Aurore. En Côte-d’Or, selon le Télégramme, les prix moyens du gazole sont parmi les plus élevés de France. C’est aussi là qu’ils ont le plus augmenté depuis deux ans.

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