Hermès, un défilé réussi sous la pluie parisienne

Ce samedi, le sellier montrait sa nouvelle collection masculine dans la cour du Mobilier national. Un vestiaire enthousiasmant, pensé pour le confort.

«C’est tellement agréable, de revoir des gens, des visages… C’est un moment d’optimisme, à mon image!» Les mots sont de Véronique Nichanian, directrice artistique de l’homme Hermès et créatrice comblée à la fin d’un spectacle en public copieusement applaudi. Pourtant, ça partait mal… Dans la cour du Mobilier national (Paris 13e), quelques minutes avant le début des festivités, un crachin parisien refroidissait l’ambiance de ce défilé en plein air. Heureusement, l’organisation avait tout prévu, distribuant des capes noires imperméables aux invités triés sur le volet, tels Jane Birkin, Augustin Trapenard et le chanteur Raphaël, cachant ainsi leurs habits signés du sellier sous un poncho Rains.

Enfin, à l’heure annoncée, devant ce parterre de spectateurs encapuchonnés, Véronique Nichanian livrait une partition que l’on connaît bien et qui fonctionne toujours – c’est la qualité des grands classiques. La silhouette fluide, désinvolte et élégante arbore des parkas mi-cuisse à multiples zips, en toile technique bleue pâle ou en cuir de veau, des pantalons à taille coulissée, ou encore de superbes surchemises en crocodile et agneau. Des imprimés mors habillent des sweat-shirts aux zips ouverts pour révéler la peau. De ce vestiaire émane un sentiment de confort et d’ampleur : les chemises en popeline sont larges, les bermudas privilégient l’aisance et la liberté du mouvement. Poussant toujours plus loin ses expérimentations autour du costume, la créatrice française propose une version trois boutons, taillée dans une toile de laine qu’on présume infroissable, à poches zippées. Original et parfait pour les hommes qui, bientôt, seront amenés à retrouver les joies du voyage. «Après la pandémie, on découvre une nouvelle manière de s’habiller, décrypte la créatrice. On veut à nouveau être séduisant, mais sans renoncer à nos nouvelles habitudes, au confort. On réinvente l’élégance!»

Une parka technique et un short en cuir, portés avec une ceinture d’inspiration nautique Filippo Fior/Hermès

C’est beau, c’est sophistiqué, les couleurs sont tour à tour franches et acidulées, comme ce parfait jaune solaire, ou légères, à l’image d’un rose joliment atténué. «C’est une palette plutôt vive et affirmée, mais jouant aussi avec des tons adoucis. Pour moi, la modernité, c’est la liberté de mélanger les teintes comme on le souhaite!»Les sandales en veau de randonnée croisent des baskets mi-cheville, à l’esprit skate. Une inspiration qu’on retrouve dans les ceintures longues en maille technique et dans un superbe sac nommé Bolide Skate, aux lignes d’une planche à roulettes.