« Il »/ « elle »/ « iel » : afficher ses pronoms de genre se banalise dans les multinationales anglo-saxonnes

Le patron d’Apple, Tim Cook, le mentionne sur le profil de son compte Twitter : ses pronoms sont « he/him » (il/lui). Comme la vice-présidente des Etats-Unis. Kamala Harris fait figurer les siens, « she/her » (elle), à côté de sa situation familiale « d’épouse, de Momala et de tante ».

Aux Etats-Unis, inscrire ses pronoms de genre sur les réseaux sociaux, dans la signature en bas de ses e-mails ou sous son nom en visioconférence devient de plus en plus fréquent, notamment dans le monde du travail.

Cet usage permet aux personnes transgenres ou non binaires (ne s’identifiant ni strictement homme ni strictement femme, mais entre les deux, un mélange des deux, ou aucun des deux) d’indiquer quels pronoms reflètent leur identité de genre. Utilisé par tout un chacun, cela devient un moyen de promouvoir l’inclusion de ces communautés.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « He/she », « il/elle », « iel » : la transidentité bouscule les façons de se présenter

« Le mouvement a commencé dans les universités américaines, nombreuses aujourd’hui à proposer aux étudiants d’afficher leurs pronoms, explique Joydeep Sengupta, avocat aux barreaux de Paris et de New York, conseil chez Mayer Brown à Paris, dont l’implication pour l’égalité des droits des LGBT + au travail a été reconnue par l’association L’Autre Cercle. Et depuis trois ou quatre ans, des entreprises aux Etats-Unis proposent aux salariés qui le souhaitent d’inscrire leurs pronoms. » Lui-même a reçu il y a deux ans une note en ce sens de son employeur. « L’an dernier, avec la multiplication des visioconférences en périodes de confinement, de plus en plus de personnes se sont connectées en ajoutant leurs pronoms à leurs noms », ajoute-t-il.

Selon le « Wall Street Journal », 1,6 million d’utilisateurs de LinkedIn auraient précisé leurs pronoms de genre

Les applications Zoom et Slack permettent en effet l’affichage des pronoms des profils des membres. Le 31 mars, c’est LinkedIn, le premier réseau social professionnel au monde, qui proposait à ses 200 millions d’utilisateurs américains de « créer un profil plus expressif et inclusif ».

« Pour beaucoup d’entre nous, l’expression de notre identité authentique passe aussi par nos pronoms. Ils sont au cœur de notre identité et de la façon dont nous voulons être perçus », indique sur son blog la firme américaine, qui a introduit un champ pronom – facultatif – en haut du profil, à côté du nom. Selon le Wall Street Journal, 1,6 million d’utilisateurs auraient précisé leurs pronoms de genre. En France, cette option est disponible depuis le mois de juin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La notion de “genre” est amenée à se substituer à celle de “sexe” »

Goldman Sachs fait partie des premières grandes institutions à avoir lancé, en 2019, une campagne interne de sensibilisation aux pronoms. Sur son blog, la firme de Wall Street a listé des « conseils pour être un allié inclusif ». Par exemple, « les pronoms ne doivent pas être présumés en fonction du nom ou de l’apparence physique d’une personne ». Elle propose aux salariés de faire connaître leurs pronoms « de manière proactive, afin de favoriser un environnement de respect », avec cette illustration : « Bonjour, je m’appelle Karen ! Mes pronoms sont “she/her”. Bienvenue dans l’équipe ! » La banque recommande par ailleurs d’utiliser « they/them » « lorsqu’on se réfère à une personne qui n’a pas expressément indiqué ses pronoms ».

Il vous reste 47.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.