« Il faudra plus que de belles affiches électorales et une poignée de milliards à Macron pour réduire les inégalités chez les jeunes »

Chronique. L’affiche de précampagne porte le slogan « Macron, président des jeunes », au-dessus de son portrait de profil. Les Jeunes avec Macron, à l’initiative du projet béni par l’Elysée, ont délibérément choisi une typographie et un code couleur rappelant les séries de Netflix. Jusqu’au message, où ils clament « vivement qu’on signe pour cinq saisons de plus ». Elle sera placardée dès cette semaine dans 80 villes, et un meeting sur le thème de la jeunesse est déjà prévu, le 2 octobre, à Avignon (Vaucluse). Le plus jeune président de la Ve République se doit d’aimer les jeunes.

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A huit mois de l’élection présidentielle, quel grain lui restait-il à moudre ? Le temps et les marges de manœuvre financières lui sont comptés pour satisfaire son élan réformateur. Il s’en défend, mais l’heure est à la procrastination politique. Hormis l’assurance-chômage et peut-être la suppression des régimes spéciaux, tout ce qui peut fâcher – comme la refonte globale du système de retraite avec allongement de la durée de cotisation, pourtant érigée en « mère des réformes » – est reporté à un second mandat. M. Macron enjambe le scrutin présidentiel et se projette déjà au-delà en préparant un « plan d’investissement pour l’industrie, l’innovation et la recherche » à l’horizon 2030 et des « solutions inédites » en faveur de la jeunesse.

Le chef de l’Etat a annoncé, le 12 juillet, la création prochaine d’un « revenu d’engagement » (jusqu’à 500 euros par mois). Il bénéficiera à 1 million de « NEET » (acronyme anglais pour « ni en étude ni en emploi ni en formation ») âgés de 16 à 25 ans, auxquels s’ajouteraient 400 000 jeunes travailleurs précaires. Les jeunes n’ont pas été totalement oubliés durant le quinquennat, marqué par la relance de l’apprentissage ou un dédoublement des classes de CP destiné à attaquer le mal du décrochage à la racine. Depuis un an, le gouvernement a aussi mobilisé 9 milliards d’euros (aides directes, soutien à l’alternance, programme « 1 jeune 1 solution »…).

Donnant-donnant

La pandémie de Covid 19 a révélé au grand jour la précarité de nombreux étudiants et de jeunes travailleurs, soudain dépendants d’aides d’urgence pour survivre. Elle n’a fait qu’aggraver une situation socio-économique peu enviable : les moins de 30 ans représentent près de la moitié des 5,3 millions de pauvres vivant avec moins de 50 % du salaire médian (1 940 euros net en 2019), relève l’Observatoire des inégalités.

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