Immobilier : à Couffouleux, non loin de Toulouse, « les habitants ont peur que leur commune ne devienne une ville-dortoir »

La gare de Couffouleux, en mai 2015.

« On s’était laissé un an pour tester notre nouvelle vie. A l’heure du bilan, une certitude : les bouchons ne me manquent pas », déclare, en souriant, Florence Millet. « Nous n’avons aucun regret », affirme cette trentenaire, qui égrène les avantages de cette nouvelle vie au vert. « Nous n’avons plus aucune nuisance, et toutes les commodités (clinique, crèche et supermarché) sont situées à quatre kilomètres de chez nous. »

En juillet 2020, Florence et son compagnon, Théodore, éducateur spécialisé, quittent leur appartement toulousain pour louer une maison de 130 m², entourée d’un jardin de 1 000 m², à Ambres, un village du Tarn de 1 000 habitants. Une décision mûrie bien avant le premier confinement, au printemps 2020, confortée par la pandémie de Covid-9 et, surtout, la naissance de Marcel, leur premier enfant.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Immobilier : sous l’effet du Covid, la ville s’évade lentement vers la campagne

Depuis ce changement, Florence travaille à domicile et se déplace très rarement à Toulouse. En revanche, ce n’est pas le cas de Théodore, qui effectue, quatre jours par semaine, en horaires décalés, un trajet de quarante-cinq minutes pour rejoindre son bureau, situé dans le centre de la Ville Rose. « Pour lui, véritable citadin, le choc entre ville et campagne a été frontal. Il a besoin du bitume », admet sa compagne. Pour autant, convaincus par leur choix, ils s’apprêtent à devenir propriétaires à la fin de 2021.

Le cas de ce couple néorural est loin d’être isolé. Dans le Tarn, la population a augmenté de 0,3 % par an entre 2013 et 2018, uniquement du fait de nouveaux habitants. Concentrée dans l’ouest du département, cette croissance démographique est liée à la proximité avec Toulouse. Et les communes situées le long de l’A68 reliant la Ville Rose à Albi sont les plus dynamiques. Même s’il n’est pas encore mesurable, ce phénomène s’est accentué avec les confinements successifs, comme l’illustre la bonne santé du marché immobilier. Au premier semestre 2021, les ventes de logement ont progressé de 15 % à 20 % dans les communes implantées dans un rayon de 30 à 60 km autour de la métropole régionale.

« Limiter l’étalement urbain »

A quatre minutes de l’entrée de l’autoroute, Couffouleux est victime de son succès. « La demande est extrêmement forte. Une maison se vend en deux jours », affirme le maire, Olivier Damez (divers gauche). « Il n’y a plus rien à vendre, et peu de terrains sont encore constructibles. » De fait, les prix de vente ont flambé de 20 % en l’espace d’un an.

Quelques kilomètres plus loin, Jean-Christophe Wolmer-Guibaud se frotte les mains. « Mon logement prend de la valeur », se félicite ce dirigeant d’entreprise toulousain, qui a franchi le pas il y a dix ans. D’autant que Saint-Waast, le hameau choisi pour construire sa maison, est prisé. « Deux terrains agricoles, mitoyens de mon jardin, ont été vendus à des particuliers. C’est le jeu. On ne peut pas rester seul, et cela permettra de créer du lien avec les voisins. » Cependant, ce phénomène n’est pas sans conséquences. « Les habitants ont peur que leur commune ne devienne une ville-dortoir », rapporte le maire de Couffouleux.

Il vous reste 21.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.