Immobilier : dans les environs de Lyon, l’arrivée de citadins nourrit les craintes des élus

Dans la vallée de la Drôme, près de Valence, le 17 mars 2017.

« Trop de monde, trop de bruit. » Séverine Bertolini, 40 ans, a choisi de quitter l’agglomération lyonnaise pour s’éloigner des nuisances urbaines. Avec sa famille, elle s’est installée il y a huit ans dans un village de l’Ardèche, à une heure en voiture au sud de la capitale des Gaules. Son mari, commercial dans le matériel industriel, a réussi à trouver un emploi à proximité. Le couple a acheté un terrain et fait construire une maison. Originaire d’Auvergne, Séverine ne se voyait plus en citadine. « Ici, on respire. La maison est beaucoup plus agréable que l’appartement en étage », confie la quadragénaire.

Son choix a une contrepartie. Agent technique dans une administration, la mère de famille doit effectuer chaque jour le trajet entre l’Ardèche et Lyon. « Il n’y a pas d’horaire de car ou de train assez tôt. J’ai une heure de route », assume-t-elle. Ses deux enfants, âgés de 8 et 11 ans, scolarisés dans le village, profitent des activités de la commune de Saint-Vallier (Drôme), située à dix kilomètres, sur la rive gauche.

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Depuis un an, la commune a enregistré une cinquantaine de nouveaux arrivants, en provenance de grandes villes. La communauté de communes est passée de 46 000 habitants en 2014 à 50 000 en 2021. Après le développement de l’habitat périurbain, en banlieue et dans les zones proches de la deuxième agglomération de France, la population cherche à se loger plus loin encore, dans une troisième couronne rurale, bien au-delà du périmètre de la métropole lyonnaise.

« Le télétravail a eu un effet de levier considérable »

« Ce qui était important avant est aujourd’hui devenu crucial. Les habitants veulent des logements plus spacieux, et un accès à un véritable espace extérieur », observe Natalia Fillod-Barbarino, déléguée de l’agence de l’urbanisme de l’aire métropolitaine de Lyon. Dans une étude portant sur les choix d’habitat entre 2020 et 2021, l’organisme a relevé la demande d’espaces moins chers et plus végétalisés. Quitte à s’éloigner de la ville. « Les habitants semblent plus mûrs pour sauter le pas. Le télétravail a eu un effet de levier considérable », estime Mme Fillod-Barbarino.

A Lyon, la construction de logements est sous pression. Après un pic de 9 000 habitations bâties par an dans les années 2000, le marché a connu un ralentissement, accentué par les périodes électorales et la crise sanitaire liée au Covid-19. Le nouvel exécutif écologiste et socialiste veut relancer la construction, en espérant revenir à un objectif de 8 500 logements sortis de terre par an, dont 5 000 sociaux. En attendant, les citadins se tournent vers la campagne, même éloignée.

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